La flotte nécessaire pour desservir le Maroc estimée à 226 avions en 2033
Les compagnies qui desservent le Maroc, au premier rang desquelles Royal Air Maroc, auront besoin d’acheter des dizaines d’avions pour faire face à la croissance soutenue du trafic. La tendance en faveur des appareils de grande capacité va se poursuivre.
Airbus vient de dévoiler mercredi 22 octobre à Casablanca ses prévisions de croissance du trafic aérien pour les 20 prochaines années entre le Maroc et le reste du monde, et du nombre d’avions nécessaires pour assurer la desserte du royaume.
Ces éléments chiffrés sont issus du Global Market Forecost (GMF) que le département stratégie du constructeur européen réalise chaque année. Il s’agit de chiffres globaux par type d’avions, quel qu’en soit le constructeur.
Selon l’étude, la desserte du Maroc nécessitera 226 avions :
-202 mono-couloir (type A320)
-21 gros porteurs (type A330 et 350)
-3 très gros porteurs (type A380)
Ce chiffre représente un triplement de la flotte actuelle de 90 avions qui comprend aujourd’hui 82 mono-couloir et 11 gros porteurs. Airbus s’attend à une demande soutenue surtout pour les mono-couloir de grande capacité.
Airbus n’entre toutefois pas dans le détail des besoins par compagnie aérienne ou par nationalité des compagnies. Donc, pas de précisions concernant les éventuelles acquisitions du transporteur national RAM ou de la branche marocaine d’Air Arabia. La flotte de RAM est constituée jusqu’à maintenant exclusivement de Boeing ; celle d’Air Arabia exclusivement d’Airbus.
Airbus se fixe pour objectif d’atteindre 50% de part de marché, soit une centaine d’avions.
En revanche, le management d’Airbus, représenté par le Marocain Fouad Attar, DG d’Airbus pour le Moyen-Orient et l’Afrique, a donné quelques éléments sur les besoins à venir des compagnies aériennes.
Dans les prochaines années, l’évolution déjà entamée vers des avions de grandes capacités va se poursuivre et s’amplifier. Cette évolution permet aux compagnies aériennes d’accompagner la croissance du trafic aérien et d’assurer une meilleure rentabilité par siège en jouant sur un effet volume.
C’est la stratégie adoptée par les compagnies low cost qui profitent du potentiel représenté par le marché marocain. Or ces compagnies ont acquis une part de marché importante, de l’ordre de 35% sur la desserte du Maroc d’après le GMF.
Ainsi, les low cost, pour la desserte du Maroc, utilisent des avions de plus en plus grands (177 sièges en 2013 contre 143 sièges en moyenne en 2006), comme les compagnies étrangères, alors que les compagnies nationales (pour l’essentiel RAM) continuent d’exploiter des appareils de même capacité, soit 143 sièges, un chiffre quasi inchangé depuis 2001.
Pour expliquer la croissance soutenue des liaisons de et vers le royaume, le GMF s’appuie sur plusieurs paramètres parmi lesquels la croissance du PIB, le niveau d’urbanisation (proximité d’un aéroport), la proportion des classes moyennes, etc. Pour le Maroc, l’étude estime le PIB va poursuivre sa croissance avec +3,4% par an sur les 20 prochaines années et que le trafic aérien va croître de +5,3% par an (au dessus de la moyenne mondiale estimée à 4,7%).
A l’échelle régionale des 3 pays du Maghreb, le GMF remarque des évolutions proches de celles du marché marocain, avec des compagnies magrébines qui ont réduit le nombre de sièges par avion alors que les compagnies étrangères augmentaient les capacités. A remarquer que les zones vers lesquelles le trafic va croître le plus vite sont la Chine (8,2% par an) et l’Asie, l’Afrique (+6,3%), l’Amérique latine et la Russie.
