HalalTest, le kit qui détecte la présence de porc ou d’alcool dans vos plats
Trois jeunes étudiants français ont mis au point un kit permettant d’identifier la présence de porc cru ou cuit et d’alcool dans les aliments proposés par l’industrie agro-alimentaire. Une démarche visant à rassurer le consommateur musulman.
«Halal or not halal», telle est la question… ou presque, qui a germé dans l’esprit de trois jeunes étudiants, fondateurs du produit HalalTest. Proposé par la firme française Capital Biotech, ce produit au nom évocateur, permet en effet de «détecter toute trace de porc ou d’alcool dans les plats de tous les jours» en quelques minutes seulement, indique leur site. Un service malin «au service de vos convictions et de vos croyances», ajoutent les fondateurs qui misent dans un premier temps sur un marché français porteur où consomment près de 6 millions de musulmans.
Leur kit, qui s’adresse également aux allergiques, fonctionne selon le principe courant de réactions chimiques sur des bandelettes, à l’instar des tests de grossesse. Il suffit de tremper un échantillon du plat suspecté dans de l’eau, glisser la bandelette du kit dans le liquide et patienter. Une barre : le test est négatif, deux barres : l’aliment contient du porc cru ou cuit, de l’alcool ou encore du sang humain, autrement dit des substances proscrites à la consommation pour les musulmans.
Ce projet naît en Hexagone afin «de rétablir un climat de confiance entre les consommateurs musulmans pratiquants et le secteur de l’agro-alimentaire», précise le site de cette marque déposée. Car si les boucheries et autres produits halal gagnent progressivement les étals du marché français, ils ne satisfont pas nécessairement une demande croissante.
Par ailleurs, certains consommateurs, sans passer nécessairement par des produits exclusivement halal, souhaitent toutefois s’assurer de ne pas être surpris par la présence de viandes porcine ni d’alcool dans des aliments prêts à la consommation. C’est aussi à ces clients que se destine le HalalTest, dont les fondateurs rappellent de nombreux scandales de l’industrie alimentaire qui ont émaillé l’actualité en France (ex : la polémique de la viande de cheval dans les lasagnes «pur bœuf»).
Interrogé par L’Obs, puis relayé par Le Monde, Abderrahmane Chaoui, co-fondateur du kit, insiste sur la portée qu’il entend donner à son produit. D’origine algérienne, le jeune homme souligne que l’usage du kit doit «rester occasionnel». «Il sert avant tout à rassurer le client sur une marque qu’il a l’habitude de consommer», déclare-t-il. Il ne s’agit pas de nourrir une forme de psychose quant à la composition des plats proposés par la grande consommation mais davantage de constituer un complément pour faciliter le quotidien.
Bien que l’idée soit ingénieuse, elle n’est pas innovante. En effet, des services du même ordre, distribués entre autres par la marque asiatique Halalkit, sont également disponibles à la précommande, essentiellement en Asie cependant. Ce produit est notamment classé «numéro 1 en Malaisie».
La version française surfant sur le même besoin sera «prochainement disponible au Maroc», apprend-on sur le site de la gamme.