Ilyas Omari n’exclut pas une alliance PAM-PJD
La chaîne Al Hurra a diffusé une interview de Ilyas Omari, l’éminence grise du PAM, le week end dernier. Ce dernier a évoqué le PJD, de ses rapports avec Fouad El Himma et de certaines des prises de position du PAM. Il dit qu’en politique, tout est possible. Verbatim.
"L'éminence grise du PAM" s'est livré, avec une sincérité calculée, à la chaîne Al Hurra.
>Il y revient sur ses rapports avec El Himma, dont il nie être un ami ou un proche collaborateur: "C'était un ami lorsqu'il n'occupait aucun poste. (...) Je respecte mes amitiés. Quand il était ministre de l'Intérieur, nous négociions avec lui, et au PAM, nous avons travaillé au sein du même projet. Maintenant qu'il est devenu conseiller du Roi, chacun a pris ses distances. Il ne demande pas après moi et je ne demande pas après lui".
El Himma aurait aussi, selon El Omary, rompu les amarres qu'il entretenait avec le PAM: "Le parti est un projet social. El Himma est passé par le parti, et Ilyas Omari et d'autres le quitteront. Au final, les gens quittent, mais le parti reste".
>Omary n'a pas exclu, dans l'interview, la possibilité de s'allier avec le PJD: "La politique est une science du possible, c'est à dire qu'il n'y a pas de haram perpétuel ni de halal continuel. Donc, en matière d'alliances politiques, nous ne pouvons pas prédire ce qui adviendra demain". Il n'a, néanmoins, pas mâché ses mots pour décrire les mouvements islamistes, récusant cette appellation pour parler de "mouvements obscurantistes". "L'idéologie de tous les partis islamiques est la même", a-t-il dit, poursuivant que "ce que nous reprochons au PJD, ce n'est pas d’être un parti islamique, car la majorité du peuple marocain est musulmane. Nous critiquons le PJD pour son usage de la religion dans la politique". Omary a, également, accusé le parti de la lampe d'avoir fait pression pour retirer la liberté de culte de la nouvelle constitution, en menaçant de descendre dans la rue au cas où l'article l'instituant est maintenu.
>Il a, notamment, réitéré la volonté de son parti de séparer le politique du religieux, mais sans pour autant accepter obligatoirement d'endosser le brassard de la laïcité: "La laïcité est un concept philosophique et non un projet social", s'est-il justifié.
>Au sujet de la monarchie parlementaire, longtemps présentée comme une revendication du PAM, Ilyas El Omari s'est montré plus prudent: "Je soutiens ce projet, mais seulement en tant qu'Ilyas El Omari, je ne parle pas au nom du parti». Une monarchie parlementaire comme la Grande Bretagne ou l’Espagne, précise le journaliste. «Je soutiens ce projet à condition que le Maroc devienne comme la Grande Bretagne dans tous les domaines».
>Ilyass El Omari a également révélé que Benkirane a rencontré les dignitaires du PAM avant la constitution du gouvernement. "Nous avons refusé de participer au nouveau gouvernement (...) et il est probable que Benkirane aussi n'était pas prêt à nous y voir".
Pour accéder à l'intégralité de l'interview (en arabe), c'est ici.