Les détails sur les nouveaux tarifs de l’eau et de l’électricité à Casablanca
Les nouveaux tarifs de l’eau et de l’électricité sont en vigueur à l’échelle nationale depuis le 1er août. La Lydec tente de rassurer les particuliers, dont plus de la moitié verra sa facture stagner.
L’entrée en vigueur des nouveaux tarifs de l’eau et de l’électricité ne fera pas que des heureux. En effet, depuis le 1er août, soit dix jours après la publication des arrêtés ministériels y afférents, le mode de facturation est devenu tributaire de la tranche de consommation où l’on se situe.
La hausse tarifaire est de 2,9 % pour la basse tension, de 6,1 % pour la moyenne tension et de 4,7 % pour la haute et très haute tension.
« Avec l’ancien mode de facturation, qui n’était pas sélectif, les industriels profitaient au même titre que les particuliers des subventions », argumente, lors d’une conférence tenue mercredi 27 août à Casablanca, Abdelali Haitami, directeur général adjoint de Lydec.
Qu’en est-il des particuliers ? Le top management de la filiale de Suez Environnement assure que 67% des clients consomment moins de 150 KW/heure, soit une facture n’excédant pas 159 DH TTC. « Ces foyers ne seront pas concernés par une augmentation tarifaire », soulignent-ils. C’est le cas aussi pour l’eau potable : pour toute consommation de moins 6 m3, ce qui correspond à une facture maximale de 28 DH TTC, le client verra sa facture stagner.
Toutefois, pour les clients consommant moins de 150 kWh, il y a lieu de distinguer deux tranches : de 1 à 100 kWh et de 100 à 150 kWh. Les premiers se verront appliquer un tarif de 0,85 HT, contre 9,22 pour la deuxième catégorie. Un mode qualifié de progressif, en opposition au mode sélectif qui, lui, se compose de quatre tranches et qui concerne des consommations excédant 150 kWh. Le tarif « sélectif » va ainsi de 0,92 à 1,37 selon que l’on se situe de 1 kWh à 200, à 300 où à 500 kWh et plus.
Quid des compteurs « multi-foyers » ? « Ce genre de compteurs existe effectivement dans certains quartiers populaires, mais pour le moment on attend la décision du gouvernement qui publiera, la semaine prochaine probablement, une circulaire à ce sujet », dit le directeur adjoint de Lydec, en réponse à une question de la presse.
Concernant l’eau potable, le tarif est de 2,99 ou à 6 DH selon que l’on se situe dans la tranche allant de 1 à 6 m3 ou de 6 à 12 m3. Pour toute consommation dépassant 12 m3, on va de 6 DH à 14,38 (pour plus de 35 m3). « 35.000 clients ont déjà reçu leurs factures calculées sur la base des nouveaux tarifs », nous annonce le directeur adjoint. Des réclamations ? « Que des demandes de renseignement », tranche-t-il.
Il faut dire que la conférence de presse tenue un mois après l’entrée en vigueur du changement tarifaire, visait d’abord à rassurer les particuliers, tout en insistant sur le principe de « ni gain, ni perte ». Une manière de dire que la Lydec ne fait que répercuter la hausse imposée par le contrat-programme de l’ONEE sur la facture du consommateur final.
Mais cette modification tarifaire n’implique-t-elle pas des coûts supplémentaires pour le délégataire ? Si, dit le directeur adjoint, mais ces charges n’impacteront aucunement tarifs. « En plus du système informatique et de la communication, qui ont mobilisé des moyens relativement importants, les primes versées à nos employés sont fonction des montants encaissés. Et qui dit augmentation des tarifs, dit augmentation des montants encaissés, et donc des primes aussi. Sans parler de l’investissement, tributaire aussi des recettes, qui verra son pourcentage augmenter », insiste-t-il. Certes, ces coûts n’impacteront pas les tarifs, mais les investissements seront probablement touchés…