Protection de Maghreb Steel, on s’achemine vers un compromis
Après l’adoption d’une mesure de sauvegarde provisoire qui avait mis en colère les industriels métallurgistes, la dernière décision du gouvernement apporte des modifications qualifiées de “moindre mal” et qui arrangent tous les opérateurs. En attendant son adoption définitive…
Après les différentes enquêtes et auditions opérées par la Direction du commerce extérieur (DCE), celle-ci vient de rendre sa copie finale quant aux mesures de protection de la production locale de tôles d’acier laminées à chaud vis-à-vis des importations provenant de l’Union européenne et de Turquie.
La direction qui avait décidé d’appliquer des droits provisoires à l’importation de cette matière provenant d’Europe et de Turquie, vient de réviser ces taux, fixés en février 2014. Finale, la dernière mesure proposée par la DCE prévoit de faire baisser ces taux qui étaient compris entre 22% et 29% sur le prix du produit, et de les ramener à une fourchette allant de 11% à 22% et ce, pour une durée de 5 ans. La clôture de l’enquête est annoncée.
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Exportateur |
Origine |
Marge antidumping |
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Provisoire |
Définitive |
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Arcelor Mittal |
UE |
29.12% |
11.06% |
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Tata Steel |
UE |
22.11% |
22.11% |
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Steel Link |
UE |
22.11% |
22.11% |
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Autres exportateurs |
UE |
22.11% |
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Colakoglu Metallurji |
Turquie |
0% |
11% |
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Erdemir group/Isdemir |
Turquie |
0% |
11% |
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Autres exportateurs |
Turquie |
29.12% |
11% |
Cette dernière proposition intervient dans un contexte marqué par la colère des industriels qui utilisent comme matière première, les tôles d’acier laminées à chaud car ils ont vu leurs approvisionnements augmenter en coûts. Auparavant, ces industriels avaient accusé le gouvernement marocain de venir au secours de Maghreb Steel, producteur en difficulté et à l’origine de la plainte pour dumping, au détriment de tout le secteur.
Ces nouveaux taux sont-ils donc le fruit d’un arrangement entre toutes les parties qui n’ont cessé d’exercer de la pression pour faire pencher la balance de leur côté?
Selon un industriel contacté par Médias 24, cette mesure constitue un “moindre mal” pour la profession qui avait peur que le surcoût que représentaient les droits de douane appliqués mette à mal le secteur et compromette sa compétitivité.
La mesure ne deviendra définitive qu’après publication d’un arrêté conjoint des ministères des Finances et celui du Commerce, de l’Industrie, de l’Investissement et de l’économie numérique.