Aide directe à la consommation. Rien n’est prêt
Au Maroc, aucune aide directe à la consommation ne verra le jour à moyen-terme. Une telle aide avait été promise par le gouvernement Benkirane comme contrepartie de la décompensation. Ce dernier crie au blocage politique.
“1.000 DH par mois pour chacune des 300.000 veuves marocaines, l’octroi de cette aide est possible mais nous en avons été empêchés”. Ces mots sont ceux du Chef du gouvernement, avouant son incapacité à faire passer une mesure parmi un dispositif qu’il avait promis à l’annonce de la décompensation de plusieurs produits dont les prix avaient été jusque-là subventionnés par l’Etat.
Pourtant, les deux gouvernements pilotés par le PJD incluaient dans leur programme la mise en place de mécanismes d’aide financière directe à la consommation pour les couches défavorisées.
Trois ans après, le gouvernement ne dispose toujours pas de chiffres fiables et globaux lui permettant d’élaborer un plan d’aide et d’estimer les besoins.
Contacté par Médias 24, le ministre des Affaires générales et de la gouvernance, Mohamed El Ouafa, a expliqué qu’une commission interministérielle a vu le jour et que celle-ci est au stade des études préliminaires.
Ciblage
Sans pour autant le dire ouvertement, El Ouafa n’a pas cherché à dissimuler son pessimisme quant à la mise en place d’un système d’aide globale et couvrant toute la consommation au Royaume, à l’instar de la Tunisie et du Brésil, expériences que le ministre trouve inintéressantes.
Pour lui, des modèles basés sur le ciblage catégoriel et non sur le niveau de revenu sont plus efficaces. “Le modèle Tayssir qui accorde une somme d’argent aux parents d’élèves qui vont effectivement à l’école est un modèle qu’il faut dupliquer” explique El Ouafa.
Sur le plan technique, les seuls réseaux touchant aujourd’hui tout le territoire marocain et capables d’assurer une telle distribution sont ceux de l’Intérieur et de l’Education nationale, et tous les deux souffrent de carences de gouvernance.
Par ailleurs, le gouvernement semble avoir modifié son discours, qui se voulait à penchant social, à propos de la décompensation en cours.
“Il ne faut plus associer la décompensation et les aides directes. Ça n’a rien à voir” explique le ministre El Ouafa, et d’ajouter que “la Caisse de compensation a été créée pour stabiliser les prix, elle devait disparaître avec le début des libéralisations, nous avons tardé mais il faut le faire. Les aides à la consommation sont une préoccupation qui n’a aucun lien avec la suppression des subventions”.
Voilà ce qui est nouveau et qui change des discours tenus par Abdelilah Benkirane et Mohamed Najib Boulif quand ce dernier occupait le poste actuel d’El Ouafa.