La Sqala reçoit une mise en demeure de la part de la ville de Casablanca
Nouveau rebondissement dans l’affaire de la Sqala. Restopro, propriétaire du café, a reçu, mardi 10 juin, par voie d’huissier, une mise en demeure du Conseil de la ville le sommant de quitter les lieux. Une décision approuvée à l’unanimité par les élus en octobre dernier.
Fin d’un laxisme ou coup de théâtre? En tout cas, le Conseil de la ville semble bien déterminé à déloger le locataire de la Sqala, qui ne verse à la commune que la modique somme de 750 DH mensuels.
Sauf que la décision peine encore à trouver un écho favorable auprès du propriétaire, dont le contrat a pourtant pris fin en 2011.
"Il a refusé de signer la mise en demeure", nous explique Abdelfettah Boumadiane, l’huissier ayant été chargé de lui transmettre la notification. Il entend ainsi entamer une procédure de report auprès du tribunal administratif, nous apprend notre source.
Contactée par Médias 24, une source autorisée du groupe Restopro nie tout en bloc: "Le propriétaire n’a absolument rien reçu. Ce sont des rumeurs qui visent à maintenir la polémique autour du restaurant.
Lorsque le contrat a expiré, en 2009, il était question que le loyer soit revu à la hausse mais sans qu’aucun contrat définitif n’ait été établi. La révélation des loyers de certains biens communaux avait défrayé la chronique, avant que le maire ne fasse voter la décision de faire évacuer certains endroits, dont la Sqala.
Le complexe Lido, Paradise, Dawliz et le club sportif de boules du Maârif sont également dans la ligne de mire du Conseil de la ville. Selon un conseiller de l’Union Constitutionnelle, un appel d’offres sera bientôt lancé afin que ces lieux soient confiés à un autre gestionnaire.
Comment le contrat va-t-il être rompu? Le Conseil de la ville pourrait-il le rompre unilatéralement et sous quelles conditions? En tout cas, le processus risque d’être extrêmement long. Surtout que le propriétaire évoque un investissement de 10 M de DH pour la transformation "d’un lieu abandonné en un endroit touristique qui a pignon sur rue".
Les pour et les contre
Les avis semblent partagés concernant la gestion de la Sqala. Si certains estiment que le loyer est "raisonnable" car "les gestionnaires ont investi près de 10 millions de dirhams pour mettre à niveau cet endroit qui était dans un état d'abandon et de délabrement", la majorité dénonce le laxisme du Conseil de la ville qui octroie l’exploitation de bien communaux à des prix dérisoires.
D’autres encore pointent du doigt "le mépris" et la marginalisation dont sont victimes les habitants de l’ancienne médina, "qui ne bénéficient aucunement de leurs biens".