Maroc Télécom, le personnel se dit “déçu“ par l’offre de Vivendi
Les employés de Maroc Télécom donnent de la voix. Les primes de cession fixées par le cédant Vivendi ne correspondent pas à leurs attentes, disent-ils. Le conseil national du syndicat CDT qui se tiendra vers la fin du mois de mai prévoit d’examiner les éventuelles suites qui seront données à ce dossier.
Le personnel de Maroc Telecom n’est pas content. Les deux de mois salaires accordés par l’ancien actionnaire de référence Vivendi à titre de prime de cession ne satisfait personne, selon des sources syndicales.
«Nous exprimons notre grand étonnement face à cette offre. Nous avions évalué les primes de cession à des montants compris entre 40.000 et 50.000 DH par salarié», indique Khalil Bensami, secrétaire général de la section syndicale de la CDT au sein de Maroc Télécom. Et de poursuivre: «les usages et la pratique internationaux prônent l’application d’une prime unifiée, afin de renforcer le sentiment d’appartenance à l’entreprise».
Cette question avait été soulevée dès le début des transactions avec le repreneur des 53% du capital détenus par Vivendi. Le 21 mars 2013, un courrier adressé par Noubir Amaoui, secrétaire général de la confédération démocratique du travail, la CDT au chef du gouvernement, comprenait une revendication portant sur l’attribution de primes compatibles à la valorisation de Maroc Télecom. «Pour ma part, j’avais saisi le président du directoire de Vivendi dans ce sens», ne manque pas de préciser Khalil Bensami.
Une autre missive, de rappel cette fois-ci, a été adressée par Noubir Amaoui à Abdelilah Benkirane. Elle est datée le 11 novembre de la même année, soit en 2013. «Ce courrier intervient alors que le montant de la cession a été évaluée à près de 4,2 milliards d’euros. Nous avions dès lors demandé que les primes correspondent à la valeur de l’entreprise», souligne notre interlocuteur.
Jusqu’à présent, Vivendi n’est toujours pas pris contact avec le personnel de Maroc Télécom. «Pour une entreprise qui prône la responsabilité sociétale et qui a accumulé les labels sociaux, Vivendi n’a même pas pris la peine de nous répondre», s’indigne Khalil Bensami.
Dans moins de deux semaines, on en saura plus sur les dispositions qui seront prises à ce sujet. (Imane Azmi)