Mehdi Bensaid: “Voici mon programme”
Agé de 30 ans et plus jeune élu du PAM, Mehdi Bensaid est à la tête de la puissante commission des Affaires étrangères du parlement marocain depuis le mois d’avril dernier. Il veut dynamiser la diplomatie parlementaire, conquérir l’Afrique anglophone et se rapprocher du patronat.
Outre les affaires étrangères, le périmètre de travail de la commission inclut les affaires des Marocains de l’étranger, les affaires islamiques et la défense nationale. La commission compte 44 membres, représentant huit partis politiques.
Elu pour la seconde partie de la l’actuelle législature qui a débuté à la mi-avril, Mehdi Bensaid souhaite accorder plus d’intérêts aux relations avec les pays d’Afrique anglophone notamment, les pays membres permanents du conseil de sécurité des Nations Unies (USA, Chine, Russie, GB et France) et «faire de la diplomatie parlementaire un véritable levier de l’action marocaine dans le monde».
Afrique anglophone
Interrogé par Médias 24 sur l’importance des pays anglophones, Bensaid estime que «si beaucoup de choses sont faites avec succès vers les pays d’Afrique francophone, des pays comme le Kénya, l’Afrique du sud, le Nigéria ou encore le Rwanda et l’Ethiopie méritent beaucoup plus d’attention».
Bensaid considère que «les positions plutôt hostiles à celles du Maroc de l’Afrique du sud ou du Nigéria doivent être abordées, discutées et des explications et plus d’échanges avec ces pays importants doivent avoir lieu».
Avec l’Egypte, il faut noter que le Nigéria et l’Afrique du sud comptent pour le tiers de l’économie africaine. Le Nigéria est la première économie du continent. Sur le continent noir, le Nigéria et l’Afrique du sud peuvent être considérés comme des pays incontournables sur le plan diplomatique, mais ils ne se retrouvent pas souvent du côté du Maroc dans les forums internationaux.
Les pays anglophones, et non-francophones en général, figurent parmi les faiblesses de la diplomatie marocaine en Afrique. Une visite du chef de la diplomatie kényane au Maroc est toutefois d’ores et déjà en préparation pour ce printemps.
Mehdi Bensaid souhaite également «un rapprochement des députés et du patronat marocain pour conduire une diplomatie économique marocaine plus conquérante».
Bensaid veut également institutionnaliser la pratique des rapports ponctuels et thématiques préparés par «des paires de députés de la majorité et de l’opposition sur tous les sujets qui concernent le Maroc: des relations avec l’Algérie aux rapports franco-marocains en passant par la situation des Marocains aux Pays-Bas ou nos relations ou absences de relations avec des pays aux positions plutôt proches des thèses séparatistes».
Outre les affaires étrangères, la commission présidée par Bensaid s’occupe des Marocains de l’étranger et pour cela, la commission compte s’intéresser de plus à la marche des consulats et des ambassades du Maroc et aux problématiques d’intégrations des Marocains de l’étranger ici sur le plan professionnel notamment.
Plus de trois millions de Marocains vivent à l’étranger, principalement en Europe. Récemment, des plaintes ont été formulées sur la qualité des services fournis, avec l’exemple en Espagne du consulat de Valence.
Diplomatie religieuse
En matière d’affaires islamiques, «la nouvelle orientation de la diplomatie marocaine avec le développement de coopérations en matière de diplomatie religieuse avec des pays d’Afrique subsaharienne doit être renforcée» estime Bensaid qui y voit un moyen d’améliorer qualitativement les relations du Maroc avec de très nombreux pays.
Outre des pays tels que le Mali, le Gabon ou la Guinée, la Libye a également demandé au Maroc de développer des programmes de formation en matière religieuse.
A court terme, pour les prochaines semaines, la commission des affaires étrangères, des Marocains de l’étranger, des affaires islamiques et de la défense nationale va s’attacher selon Bensaid «à étudier et à ratifier près de 20 accords en attente au parlement». Un programme de renforcement de la diplomatie parlementaire est en préparation, en débutant par une multiplication et une amélioration des échanges avec les ambassadeurs accrédités à Rabat.
Avant de prendre la présidence de la commission des affaires étrangères, Mehdi Bensaid en était membre depuis 2011. Il est également membre de l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe.