Le test d'alcoolémie bientôt sur les routes
Le ministre délégué chargé du Transport, Mohamed Najib Boulif, a annoncé mardi à Rabat qu'il sera procédé prochainement à l'introduction d'un test d'alcoolémie chez les usagers de la route, soulignant que des mesures répressives seront appliquées dans le cadre du Code de la route.
Intervenant à l'ouverture d'un forum sur "les dangers liés à la consommation des stupéfiants et à l'alcool au volant", M. Boulif a indiqué que 30% des accidents sont associés à la consommation de stupéfiants et de l'alcool.
L'article 207 du Code de la route stipule que "les officiers de police judiciaire, soit sur instruction du procureur du Roi, soit à leur initiative ainsi que les agents verbalisateurs, sur ordre et sous la responsabilité des officiers de police judiciaire, peuvent imposer un test de l'haleine qui consiste à souffler dans un appareil qui détecte le niveau d'imprégnation alcoolique dans l'air alvéolaire expiré".
"Le test peut concerner tout auteur présumé d'un accident de circulation ou toute personne qui a contribué à le provoquer, même si elle est la victime, quiconque conduit un véhicule qui commet sur la voie publique une infraction à la présente loi et aux textes pris pour son application", ajoute le texte.
Toutefois, "les officiers de police judiciaire et les agents verbalisateurs peuvent, même en l'absence de tout signe d'ivresse manifeste, soumettre toute personne qui conduit un véhicule, à un test de l'haleine qui détecte le niveau d'imprégnation alcoolique dans l'air alvéolaire expiré".
Les statistiques disponibles relèvent que l'effet alcool et drogue multiplie, deux à cinq fois en moyenne, le risque d'accident, a signalé le ministre, précisant qu'une grande partie des accidents impliquant des personnes âgées de moins de 25 ans sont dus à la consommation de l'alcool et des drogues.
Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a ajouté le ministre, 30% des accidents sont dus à la consommation de l'alcool et des drogues, soit le même pourcentage des accidents causés par l'excès de vitesse, soulignant qu'il est inconcevable de traiter ce facteur selon une approche de sensibilisation, si l'on sache l'absence d'une approche sociétale destinée à la lutte contre la consommation d'alcool et de drogue.
Après avoir relevé que les accidents de la route coûtent la vie en moyenne à 3700 personnes par an, le ministre a indiqué que le Comité national de prévention des accidents de la circulation (CNPAC) prendra des mesures relatives à la sensibilisation aux dangers de la consommation d'alcool et de drogue au volant.
Organisé par le CNPAC en collaboration avec le CHU de Marne-la Valée (France), ce forum prévoit des interventions sur plusieurs thématiques portant sur les dangers de la conduite sous l'emprise des stupéfiants et de l'alcool.
(MAP)