Fitch Rating confirme la note souveraine du Maroc
Le 25 avril Fitch rating a mis à jour la notation de la dette souveraine du Maroc et confirme le BBB- et les perspectives stables du Maroc. Les réformes mises en œuvre et la détente amorcée dans le contexte international ont joué en faveur du Maroc.
La notation BBB- du Maroc s’explique par les facteurs suivants :
- La stabilité politique et économique : dans le contexte de troubles politiques qui agitent la région depuis 2011, le Maroc a su conserver sa stabilité politique tout en maintenant une croissance du PIB relativement élevée.
- Les politiques publiques mises en place pour cela ont nécessairement accru le ratio de la dette, mais compte tenu des réformes et de la reprise amorcée dans la zone euro, cette hausse ne devrait pas persister ;
- La diminution des déficits jumeaux : les déficits public et courant se sont réduits de 2 points en 2013 pour atteindre respectivement 5,4% et 7,5%, du fait de la réforme de la compensation, des bonnes performances des exportations liées aux nouveaux métiers mondiaux du Maroc et de la baisse des prix du pétrole.
- Cette diminution devrait se confirmer sous l’hypothèse de la poursuite des réformes et de l’amélioration du contexte international ;
- La stabilisation de la dette publique : selon Fitch, la dette consolidée du Trésor a atteint un pic en 2013 à 46,6% du PIB. Elle devrait se stabiliser en 2014 avant d’amorcer un repli. Cette stabilisation est toutefois exposée au risque d’un ralentissement moins important que prévu du déficit public et d’une croissance moins forte ;
- Une croissance soutenue du PIB : la croissance du PIB a été de 4,8% en 2013, contre 2,7% en 2012, du fait des bonnes performances du secteur agricole et malgré le ralentissement dans les autres secteurs. Selon Fitch, en 2014 la croissance devrait se situer aux alentours des 4% compte tenu de meilleures performances dans les secteurs non agricoles soutenues par la reprise de la demande européenne et de la demande domestique ;
- L’engagement du gouvernement à réformer : le programme du FMI en cours depuis 2011 a permis un ancrage plus solide des réformes. Il vient à terme en août 2014, mais le nouveau programme qui devrait très probablement prendre la suite devrait être une garantie de la poursuite des réformes ;
- L’accroissement de la dette extérieure nette : la diminution des réserves de change en 2011 et 2012 associée à l’accroissement de l’endettement extérieur du Trésor ont conduit à une forte augmentation de la dette extérieure nette du Maroc qui est passée de -5% du PIB en 2010 à 11,6% en 2013. Les réserves de change sont reparties à la hausse et devraient se stabiliser autour des 4,5 mois d’importations d’ici 2015, tandis que le ratio de la dette extérieur nette devrait atteindre 16% du PIB d’ici 2015 ;
- Des indicateurs de développement faibles : les performances du Maroc au titre de l’IDH (Indice de Développement Humain) sont faibles comparativement aux pays pairs. C’est le taux de chômage (9,2%), particulièrement celui des jeunes (13%) qui est le plus préoccupant et constitue une priorité politique.
Les facteurs qui pourraient influencer l’évolution de la notation
La probabilité d’une appréciation de la notation et le risque d’une dégradation sont équilibrés. C’est ce que reflètent les perspectives stables.
Une réduction substantielle des déficits jumeaux de nature à réduire la vulnérabilité du pays aux chocs extérieurs et/ou l’amélioration des indicateurs sociaux, et en particulier le chômage des jeunes, pourraient conduire à l’appréciation de la notation du Maroc.
A contrario, la notation pourrait être dégradée sous la pression d’un relâchement dans les efforts de consolidation budgétaire, d’une instabilité sociale qui ralentirait les réformes ou encore d’une dégradation des performances économiques et d’un important accroissement de la dette extérieure nette particulièrement exposée aux chocs externes tels qu’un nouveau ralentissement de la demande européenne ou une hausse des prix du pétrole.
Le message adressé aux autorités marocaines est très clair : il faut continuer les réformes relatives à la consolidation budgétaire et mettre en œuvre les réformes structurelles nécessaires pour une croissance créatrice d’emplois.
Rendez-vous maintenant le 24 octobre pour la prochaine mise à jour de la notation de Fitch rating.