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Lahcen Daoudi veut booster la recherche scientifique

Le ministre de l’Enseignement supérieur dévoile une politique agressive et ambitieuse en faveur de la recherche scientifique au Maroc. Le renforcement de l’apprentissage des langues et la fusion de certains campus sont également au programme.  

Lahcen Daoudi veut booster la recherche scientifique
Amine Belghazi
Le 23 avril 2014 à 11h50 | Modifié 23 avril 2014 à 11h50

« Quel avenir pour l’enseignement supérieur au Maroc ? La recherche scientifique. » Voilà qui résume la vision du ministre de l’Enseignement supérieur, Lahcen Daoudi. Une politique agressive et ambitieuse dévoilée lundi 21 avril à l’occasion d’une rencontre organisée par HEM à Casablanca. En voici les grands axes.

Pour répondre à la question de l’avenir de l’enseignement supérieur, le ministre a d’abord choisi de revenir aux origines. « Le Maroc a un passé dont nous devons être fiers » déclare d’emblée Lahcen Daoudi, sans manquer de rappeler que « l’une des premières universités dans l’histoire de l’humanité (Al Quaraouiyine) a vu le jour au Maroc, construite par une femme, Fatima Al Fihria, sous la dynastie idrisside en 859. »

Pourtant, plusieurs siècles plus tard, le Maroc n’est plus la terre des savoirs qu’il était jadis. En effet, l’université marocaine montre ses limites et son inaptitude à produire les compétences dont le marché de l’emploi a besoin. Le développement économique y est pour beaucoup selon le ministre de l’Enseignement supérieur, « qu’elle soit qualitative ou quantitative, l’université produit en nombre insuffisant des qualifications qui n’ont aucun débouché. L’évolution économique a dépassé les programmes universitaires. »

Avec le recul propre à son expérience d’ancien professeur universitaire, Lahcen Daoudi estime que le Maroc ne s’est pas assez engagé dans la recherche des niches à forte valeur ajoutée. Car dans un contexte mondialiste et global, la seule manière de dégager de la valeur ajoutée réside dans la spécialisation.

Face à ce triste constat, Lahcen Daoudi sort le grand jeu. L’objectif est de redonner à l’université marocaine ses lettres de noblesses, malgré les faibles moyens techniques et financiers dont elle dispose.

Le levier de cette nouvelle politique repose sur le développement de la recherche scientifique, et la favorisation de l’utilisation d’outils informatiques sophistiqués. A ce sujet, le ministère a entamé plusieurs chantiers en vue d’élargir notamment l’accès à différentes plateformes d’e-learning nationales et internationales, ainsi que la généralisation de la connexion wi-fi dans l’ensemble des campus et des complexes universitaires.

Des mesures d’accompagnement et d’encouragement visent à promouvoir cette politique, parmi lesquelles :

-Hausser le niveau de maitrise des langues étrangèresdurant les deux premiers semestres du cursus universitaire. Car, selon les statistiques officielles, 60 à 64% des étudiants quittent l’université au terme de leur première année, et la responsabilité de ces échecs est principalement due aux lacunes dans les langues étrangères,

-Permettre une meilleure promotion administrative pour les professeurs chercheurs,

-Intégrer les étudiants dans les travaux de recherches universitaires,

-Créer une échelle administrative ultime(hors cadre) qu’un professeur ne peut atteindre uniquement par l’ancienneté, mais accessible seulement aux enseignants chercheurs.

Ce plan peut sembler trop ambitieux lorsqu’on sait que le budget alloué à la recherche scientifique cette année ne dépasse guère les 570 millions de dirhams, dont :

-90 millions investis par OCP,

-30 par Managem,

-10 par la fondation Lalla Salma.

Pourtant, les alliances sont nombreuses, et sont plus ou moins solides. Le Maroc peut à ce titre compter sur des partenaires réputés dans le domaine de la recherche tels que les Etats Unis, l’Inde, le Canada, la Grande Bretagne et la France, mais aussi d’autres pays émergents voisins, tels que la Tunisie ou le Mali.

Sur cette même lancée, le ministre de l’Enseignement supérieur espère faire des universités marocaines de grands pôles de savoirs et de compétences. Voilà pourquoi, il sera procédé à la fusion de plusieurs universités se trouvant sur le même territoire. Ces fusions permettront d’atteindre des tailles critiques nécessaires aux développements de pôles de recherche, créant par la même occasion des effets de synergie, en favorisant l’échange dans les programmes de recherche doctorants.

La vision est beaucoup plus long-termiste qu’elle ne parait. Le ministre entend contribuer de manière effective à la croissance nationale car « si la croissance du Maroc reste inférieur à 7%, le pays ne pourra jamais absorber le chômage. »

Bien conscient du fait que les retombées de ces mesures ne seront pas palpables dans un avenir proche, Lahcen Daoudi reste tout de même optimiste : « nous pourrons récolter les fruits de ce travail dans les deux à trois prochaines années. »


 

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Amine Belghazi
Le 23 avril 2014 à 11h50

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