L'ODT met en garde le gouvernement
L’Organisation démocratique du travail en a ras-le-bol. Lors d’une sortie organisée dimanche 20 avril contre la politique du gouvernement, le syndicat appelle les Marocains à unir leurs forces afin de faire valoir leurs droits.
« Travail, dignité, justice salariale et fiscale »tel est le slogan sous lequel la manifestation de l’ODT a été organisée. L’appel a été lancé à toutes les catégories de la société, qu’ils soient travailleurs, retraités, chômeurs, étudiants, commerçants ou agriculteurs.
Motivée par la dégradation des conditions de vie des travailleurs et la politique du gouvernement face aux attentes de la classe moyenne marocaine, cette sortie vise à orienter le gouvernement vers une politique plus réaliste, prenant en compte les deux facteurs indissociables pour la relance de l’économie, à savoir l’emploi et la consommation.
Mais aussi pour mettre un terme à la politique de rafistolage qui consiste à augmenter le prix des produits énergétiques sans prendre en compte leur impact socio-économique. L’organisation apporte des chiffres édifiants à ce propos. Bilan des réalisations de l’actuel gouvernement : il y a 40% de pauvres en plus, 14% de chômeurs en plus et 45% de diplômés chômeurs en plus, selon le syndicat.
Le message de l’ODT est clair : dans sa course aléatoire pour le sauvetage des caisses de l’Etat, la politique actuelle contribue à augmenter les écarts entre les plus riches et les plus pauvres. Pompier pyromane, le gouvernement Benkirane est en train de dissoudre la classe moyenne qui est à la fois le maillon fort de la société et le garant de sa stabilité, à travers notamment une politique fiscale inadéquate, et l’introduction dans le tissu économique national de puissants concurrents turcs ou asiatiques qui poussent les PME nationales vers la banqueroute.
Pour ces raisons et d’autres, l’ODT a appelé au respect des engagements promis par l’exécutif, et ce en adoptant une politique économique et sociale nationale forte, émancipée de la tutelle de la Banque mondiale. Dans cette même lancée, le syndicat réclame une hausse imminente du salaire minimal, à même d’accompagner l’augmentation des prix des matières premières.
Par ailleurs, l’ODT réclame l’abandon des ponctions sur les salaires des grévistes dans le secteur public et les collectivités locales, pratiquées sans fondement légal, et contraires aux dispositions constitutionnelles.
Les prochaines semaines risquent d’être particulièrement délicates. En effet, le syndicat appelle les fonctionnaires à une grève nationale dans le secteur public et les collectivités locales le 15 mai prochain. Des alliances avec d’autres centrales syndicales ne sont pas à exclure. En attendant cette échéance, les syndicats préparent leurs défilés du 1er mai.