URGENT. L'UE adopte la réforme qui fait obstacle aux produits agricoles marocains
C’est fait. Le Conseil de l’Union européenne Agriculture et pêche réuni ce lundi matin, a adopté les actes délégués formant réforme de la Politique Agricole Commune (PAC), instaurant ainsi un changement des conditions d’accès des produits marocains sur le marché européen.
Le changement en question va provoquer l’éviction d’une grande partie des produits agricoles marocains, notamment les tomates, les concombres, la courgette et la clémentine.
Ce changement doit entrer en vigueur au cours du mois d’octobre prochain.
Il faut s’attendre d’ici là à une grave crise dans les relations maroco-européennes, le Maroc n’acceptant pas cette décision juridiquement et économiquement inacceptable.
Le Directeur général de la Direction Agriculture de la Commission européenne, Jerzy Plewa, se rendra d’ailleurs le 23 avril au Maroc pour discuter des préoccupations marocaines relatives à la modification du régime des prix d'accès des fruits et légumes marocains aux marchés européens, a annoncé le porte-parole du Commissaire européen chargé de l'Agriculture.
Dans une déclaration à la MAP, le porte-parole a indiqué que le Directeur général de la Direction Agriculture de la Commission européenne a exprimé sa disposition de poursuivre les discussions engagées à ce sujet avec les partenaires marocains en février dernier au sein du sous-comité de l'agriculture mis en place dans le cadre de l'accord d'association Maroc-UE.
Un sit-in de protestation est prévu ce mardi devant le siège de la Délégation de l’UE à Rabat.
>Une déclaration européenne
La Commission européenne veille à ce que les "préoccupations justifiées" du Maroc relatives à la modification du régime des prix d'entrée des fruits et légumes marocains au marché européen "soient pleinement prises en compte", a affirmé lundi le porte-parole du Commissaire européen en charge de l'Agriculture et du développement durable, Roger Waite.
La Commission européenne, qui "tient fortement" aux relations commerciales avec le Maroc, a pris note avec grande attention des préoccupations exprimées par les autorités marocaines concernant l'impact négatif qu'aura cette modification sur leurs exportations des fruits et légumes, a souligné le porte-parole dans une déclaration à la MAP.
M. Waite a rappelé que les préoccupations du Maroc avaient fait l'objet de discussions en février dernier, au sein du sous-comité de l'agriculture mis en place dans le cadre de l'accord d'association Maroc-UE et que la Commission Services avait proposé de poursuivre ces discussions afin de mieux comprendre sur quelle "base quantitative" les autorités marocaines se sont-elles appuyées pour conclure que la modification du prix d'entrée aurait un impact négatif.
Le porte-parole a, en outre, ajouté que le directeur général de la Direction Agriculture de la Commission européenne, Jerzy Plewa, qui se rendra le 23 avril au Maroc, a exprimé aussi sa disposition à poursuivre ces discussions d'ordre techniques avec les partenaires marocains.
M. Waite a tenu également à souligner, à ce propos, que le nouveau régime de tarification s'applique uniformément à tous les fruits et légumes provenant d'un pays tiers et ne concerne donc pas seulement les tomates marocaines.
L'objectif de cette modification des prix d'entrée n'est nullement d'entraver les exportations vers l'UE, mais de "clarifier" un régime qui a fait l'objet depuis longtemps de plusieurs critiques et qui ont fait craindre qu'il n'est pas correctement appliqué, a-t-il poursuivi.
Il a déclaré, à cet égard, que le Parlement européen et le Conseil n'avaient décidé l'an dernier de modifier l'organisation commune du marché qu'après les nombreuses préoccupations soulevées par bon nombre d'intervenants tout au long de l'année passée.