Education, le pari réussi de la Fondation Sanady
Inciter les entreprises marocaines à soutenir et accompagner les écoliers issus de milieux modestes, c’est le pari réussi de la Fondation Sanady. L'AG de la Fondation est l’occasion de revenir sur les réalisations d’une structure pionnière.
Son fondateur, Kacem Bennani Smirès, a présenté le dernier rapport d’activité de Sanady lors de son assemblée générale qui s’est tenue le 28 mars à Casablanca.
“En 5 ans, ce sont plus de 10.000 enfants qui ont bénéficié de cours de soutien scolaire et d’activités parascolaires à Agadir, Casablanca, Safi, dans le Gharb et à Tanger“, se réjouit d’emblée le fondateur de Sanady.
En clair, la fondation, née en 2009, a pour mission d’apporter un accompagnement socio éducatif aux enfants défavorisés de l’école publique pour favoriser leur réussite scolaire et libérer leurs potentiels.
Pour ce faire, elle vend des projets sociaux à des entreprises, lesquelles mandatent Sanady à concrétiser ces projets en apportant un soutien financier…et ça marche: aujourd’hui, le budget de l’association est de 8,5 MDH et devrait dépasser les 10 MDH en 2014, dont l’essentiel va pour la rémunération des professeurs et la réhabilitation des écoles.
Parmi les faits marquants de Sanady, l’accroissement du nombre de bénéficiaires, qui est passé de 1.905 élèves à 2.752, soit une croissance de 45%. Un programme de soutien scolaire en ligne a également été lancé. Il s’agit de la conception et de l’élaboration de capsules de cours pour les élèves de 3AC en partenariat avec INWI. «Le travail était tellement difficile que cela nous a coûté la démission de 3 enseignants», sourit M. Bennani Smirès, également président du groupe Delassus.
Par ailleurs, 530 élèves ont été pris en charge dans la région de Safi dans la commune rurale de Oulad Salman et 10 diplômés chômeurs ont été formés dans le cadre d’un programme inédit en partenariat avec la Fondation OCP. «C’est une aventure, lourde, très difficile, car c’est une région complètement déshéritée (…). Ses habitants n’ont absolument rien», regrette Kacem Bennani Smirès.
Autre fait marquant, Sanady compte désormais parmi ses bailleurs de fonds la SNCF française pour le soutien scolaire de 120 élèves du primaire et 30 lycéens pour la période 2012/2015 et ce dans le cadre du projet de TGV marocain.
En 2012/2013, la Fondation a accueilli 3 nouvelles entreprises, en plus des 37 entreprises existantes. Pour la même période, 16 centres supplémentaires ont été ouverts dans l’ensemble du Maroc, ce qui porte le nombre opérationnels à 37.
Un autre volet important de la Fondation consiste à orienter les écoliers. «Bien souvent, les enfants ne savent pas ce qu’ils veulent faire, ils sont perdus. Notre but est alors de les aider à trouver leur vocation. Ce n’est pas facile, c’est un gros travail que nous sommes en train d’effectuer», explique M. Bennani Smirès.
Du reste, Sanady propose des activités parascolaires : théâtre, ateliers artistique, excursions, etc. « L’expérience de soutien scolaire devrait être vécue par les écoliers du primaire comme une joie. Nous voulons apporter une touche ludique au soutien scolaire» explique pour sa part Abdellah Rimi, responsable pédagogique de la Fondation.
Enfin, Sanady tente tant bien que mal de lutter contre l’abandon scolaire. «C’est un pari difficile, ce fléau touche particulièrement les zones rurales et les petites filles», regrette Kacem Bennani Smirès.
«Pour ce qui est de l’enseignement supérieur, si on prend comme échantillon l’ensemble des facultés du Maroc, il faut savoir que 64% des étudiants décrochent après 2 ou 3 ans. Souvent à cause du problème de la langue», regrette pour sa part la doyenne de la Faculté Aïn Sebaâ, Mme Jamila Houffaidi Settar, invitée à donner son avis sur l’abandon scolaire.