Espagne-Maroc : Human Rights Watch appelle à interdire les expulsions sommaires
« L’expulsion de personnes hors des frontières, sans procédures régulières, ni recherche de protection, viole les lois espagnoles, européennes et internationales » s’indigne Judith Sunderland, chercheuse senior auprès de l’ONG Human Rights Watch (HRW).
Cette affirmation donne le ton du combat qu’entend mener l’ONG de défense des droits de l’homme au sujet des migrants massés aux frontières maroco-espagnoles.
Pour donner du poids à son combat, l’ONG publie un communiqué contenant l’ensemble de ses arguments, deux jours avant la rencontre prévue le 26 mars entre les ministres de l’Intérieur marocain et espagnol à Tanger.
L’ONG exhorte les gouvernements marocain et espagnol à protéger les migrants et les demandeurs d’asile, et à ne pas appliquer d’expulsions sommaires et immédiates à la frontière. HRW recommande la mise en place de procédures légales et concertées visant à garantir les droits des migrants.
HRW précise que les autorités espagnoles ont longtemps nié l’existence des ces expulsions sommaires. Néanmoins, les récentes déclarations de Madrid et la tenue de la rencontre tangéroise « suggèrent que l’Espagne souhaite désormais légaliser cette pratique par le biais de l’accord bilatéral de réadmission explicite ».
« Ces défis ne dispensent pas l'Espagne de l'obligation de respecter les droits humains, y compris le droit de chercher asile et de protéger les migrants contre les traitements inhumains » ajoute Judith Sunderland.
Se basant par ailleurs sur l’accablant rapport daté de février dernier, faisant état des mauvais traitements infligés aux migrants du côté marocain, l’ONG rappelle que l’expulsion forcée vers un lieu où la personne encourt un risque réel de « traitements dégradants » est également formellement interdite.
Les villes de Sebta et Melilia font régulièrement l’objet d’assauts de migrants qui tentent d’escalader les barrières de sécurité de plus de 6 mètres de haut. Selon des statistiques officielles, plus de 4.300 personnes ont pénétré irrégulièrement les deux enclaves en 2013, contre 2.048 en 2012.