Moody’s maintient la note du Maroc et les perspectives négatives
Moody’s a publié le 13 mars une mise à jour de la note souveraine du Maroc qui est maintenue à Ba1. La solvabilité du pays est contrainte par le manque de compétitivité de son économie, bien que les efforts de réformes soient notables.
Le Maroc continue de payer la dégradation de ces équilibres macroéconomiques. Selon Moody’s « les perspectives négatives sur la notation Ba1 du Maroc reflètent la détérioration significative du déficit budgétaire et du compte courant ».
En outre, le niveau du PIB par tête reste relativement faible et des rigidités structurelles importantes continuent d’entraver la compétitivité du pays, pesant ainsi sur sa solvabilité. La compétitivité et le potentiel de croissance des secteurs non-agricoles sont, de plus, contraints par :
-le manque de flexibilité du marché du travail,
-le manque d’innovation,
-l’inadéquation entre les compétences et les besoins des entreprises.
Enfin, le renforcement des institutions marocaines nécessite d’accroitre les efforts de lutte contre la corruption.
Des améliorations notables sont cependant constatées. L’agence note cependant la réduction significative du déficit budgétaire ramené à 5,5% en 2013 grâce à la baisse des prix du pétrole et la mise en place des mesures d’indexation pour les prix des carburants qui ont permis de réduire les pressions exercées par le système de compensation sur le budget de l’Etat.
Elle note également la baisse significative du déficit courant de 9,7% en 2012 à 8,1% en 2013 et l’accroissement notable des flux d’investissements directs étrangers en 2013, qui sont autant de preuves que la stratégie de diversification des exportations vers des secteurs à plus forte valeur ajoutée menée par le Maroc commence à porter ses fruits.
Le Maroc à la croisée des chemins
L’agence de notation pourrait améliorer les perspectives de la notation marocaine de négative à stable si le Maroc parvient à améliorer durablement ses soldes budgétaire et courant et à stabiliser le ratio de sa dette.
En revanche, si les finances publiques et le compte courant devaient encore déraper ou si des tensions sociales et politiques trop fortes devaient conduire à un ajournement des réformes fiscales et économiques, la notation du pays pourrait être dégradée.
La balle est donc maintenant dans le camp des autorités marocaines : il faut transformer l’essai en approfondissant les réformes pour faire revenir la notation du pays à des perspectives stables.