Logements pour la classe moyenne, les grandes villes hors circuit
Le programme piétine du fait de la cherté et la rareté du foncier dans les principales cités marocaines. La clause tolérant une hauteur allant jusqu’à R+7 n’a pas été retenue. Résultat: Des villes comme Casablanca et Rabat ne seront pas concernées par le programme.
Au moment même où la révision du cahier des charges relatif au logement pour la classe moyenne franchit sa dernière ligne droite, le projet de la nouvelle mouture étant récemment validé par la FNPI et le ministère de l’Habitat, certains promoteurs immobiliers ont d’ores et déjà fait le pas, et déposé des projets de conventions avec l’Etat. «En dehors du holding Al Omrane, on compte 20 propositions pour la réalisation de quelque 9.500 logements», explique Nabila El Merini, directrice de la promotion immobilière au ministère de l’Habitat.
Toutefois, selon Youssef Iben Mansour, président de la FNPI, «la problématique du logement pour la classe moyenne n’est pas encore réglée. C’est au niveau des grandes villes que le bât blesse du fait de l’importante charge foncière».
On comprend mieux pourquoi dans le lot des conventions proposées, des villes comme Casablanca ou Rabat brillent par leur absence. Il n’y a pas non plus des noms connus dans la promotion immobilière.
«En dehors des grandes villes, on y adhère sans réticence», ajoute le président de la FNPI. Un avis largement partagé par les grands promoteurs immobiliers. «Sur le plan économique, investir dans cette typologie dans les grandes cités n’est pas viable», souligne pour sa part Anas Sefrioui, patron du groupe Addoha.
Or, c’est particulièrement dans les grandes villes que le besoin en logements de ce type se ressent le plus.
En effet, l’une des demandes le plus importantes des professionnels de la pierre portait sur la verticalité. En clair, ils souhaitaient pouvoir profiter d’une dérogation leur permettant de construire des immeubles de R+7, là où le R+5 est toléré.
«Le ministère n’a pas retenu cette requête. Par ricochet, nous serons obligés de nous conformer aux zoning retenus dans les plans d’aménagement», poursuit Youssef Iben Mansour.
Concernant le foncier public brut sur lequel ces logements seront construits, le ministère déclare avoir d’ores et déjà identifié une assiette de 190 ha. «Mais il n’a pas encore fait l’objet de conventions avec le ministère des finances», nuance une source bien informée.