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Le Ramed : un bilan positif, mais toujours des dysfonctionnements

Deux ans après son lancement, plus des trois quarts des Marocains devant être couverts bénéficient d’une protection sociale. Toutefois, des points restent à régler comme le besoin de financement qui va aller grandissant et la couverture des indépendants.  

Le Ramed : un bilan positif, mais toujours des dysfonctionnements
Amine Belghazi
Le 13 mars 2014 à 16h36 | Modifié 13 mars 2014 à 16h36

Deux ans après son lancement, le Ramed présente un bilan globalement positif même si de nombreux dysfonctionnements persistent. Médias 24 fait un point sur les forces et les faiblesses du régime.

Ce ne sont pas moins de 6,5 millions de personnes qui bénéficient du régime Ramed, sur un total estimé à 8,5 millions. De ce fait, « le taux de couverture qui, au terme de la deuxième année, devait être de deux tiers, en est à 77% » se félicite le secrétaire général du ministère de la Santé, le Dr Alaoui Belghiti. Pourtant, parmi ces bénéficiaires, certains bénéficient illégalement de la double affiliation (Ramed, AMO). Ils sont actuellement au nombre de 200.000.

Afin d’éviter ces excès, l’Anam (Agence nationale de l’assurance maladie) travaille de pair avec le ministère de l’Intérieur pour la mise en place d’un système d’information intégré qui informera sur l’affiliation de chaque demandeur, afin d’éviter les double emplois.

Les réalisations sont, il faut l’avouer, notables. Présentées par le ministre de la Santé, Elhoussaine Louardi, le bilan d’activité du Ramed est honorable :

-La prise en charge de 360.000 personnes souffrant de l’hypertension, et de 530.000 diabétiques, dont 220.000 suivent un traitement à l’insuline.

-La prise en charge de 14.000 malades cancéreux en partenariat avec la fondation Lalla Salma de lutte contre le cancer.

-La réalisation de plus de 40.000 interventions chirurgicales au profit de personnes souffrant de la cataracte, etc.

De plus, le régime du Ramed a permis de réaliser 32 opérations de greffe de la cornée, 6 opérations de greffe d’estomac, 15 concernant la moelle épinière, ainsi que 149 autres opérations de chirurgie lourde.

Si dans l’ensemble, les réalisations sont plutôt satisfaisantes, la pérennité du régime n’est pas assurée pour autant. En effet, le ministre de la Santé souligne que le système « ne peut s’améliorer qu’en préservant les acquis. Notamment en développant la couverture sanitaire de base à travers l’élargissement de la base des bénéficiaires de la couverture médicale aux indépendants, aux professions libérales et aux étudiants. »

Néanmoins, il existe dans le détail des chiffres, quelques éléments qui poussent à la réflexion. Le directeur de l’Anam, J. Hazim, note que seulement 53% des cartes ont été renouvelées en 2013. Encore plus étonnante est l’interprétation qu’il donne à ce chiffre : « il s’agit probablement de personnes ayant basculé vers un statut d’actif ou de gens qui ont simplement renoncé au Ramed… »

Par ailleurs, la gouvernance du régime du Ramed doit être revue suivant les recommandations du Conseil économique, social et environnemental (Cese). Ainsi, concernant le Ramed, « l’Anam gère mais ne régule pas » déclare J. Hazim pour qui le rôle de l’agence doit s’étendre à tous les régimes, afin de coordonner la politique marocaine en termes de couverture médicale de base.

D’ailleurs, dans ce sens, le Cese préconise la création d’un institut pour la gestion du Ramed, indépendant du ministère de la santé, et sous le contrôle de l’Anam, et ce afin d’assurer une gestion efficace des ressources en cohésion avec l’AMO. « Une autre proposition pour améliorer le financement serait de dissocier le tiers payeur du prestataire de service » souligne le directeur général de l’Anam.

Concernant le financement, talon d’Achille du régime, il est très difficile de faire des estimations. Pourtant, le chef de la division des secteurs sociaux relevant du ministère de l’Economie et des finances, Abdessalam Benabbou, estime que le régime nécessitera des fonds évalués à 4,1 MM DH pour l’exercice 2014, contre 3,55 MM DH en 2013. « Il est difficile de faire des estimations car il n’y a pas de précision quant aux besoins financiers du Ramed. En plus, l’impact de l’INDH sur le fonctionnement du régime n’est pas précis » a déclaré M. Benabbou.

Notons à ce titre que l’étude actuarielle réalisée en 2007 estimait à 45 le pourcentage de citoyens vivant dans la pauvreté et à 55% les personnes se trouvant en situation précaire. Pourtant, la nouvelle cartographie montre que 83% des bénéficiaires du Ramed sont pauvres et que 17% d’entre eux vivent dans la précarité. Peut-être est-il nécessaire de rappeler qu’ils sont 8,5 millions en tout.

 


 

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Amine Belghazi
Le 13 mars 2014 à 16h36

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