UMT, CDT et FDT unies contre le gouvernement
Les trois centrales syndicales expriment leur déception face au mutisme du gouvernement, un mois après avoir adressé au Chef du gouvernement un mémorandum relatif à leurs principales revendications. A la clé : un ultimatum pour l’ouverture de négociations d’ici fin mars.
Les syndicats poursuivront leur action commune contre le gouvernement. Réunies lundi 10 mars au siège de l’UMT à Casablanca, l'Union marocaine du travail, la Confédération démocratique du travail et la Fédération démocratique du travail annoncent ne plus être disposées à attendre.
La raison : aucun rendez-vous n’a encore été fixé auprès d’Abdelilah Benkirane, malgré sa réponse 10 jours après avoir reçu le mémorandum, dans lequel il promettait notamment un examen minutieux des revendications formulées.
Ce mémorandum rédigé par trois des cinq syndicats représentatifs du pays traite de dossiers comme le code de travail, les réformes de la Caisse de compensation et la réforme des Caisses de retraite. Les syndicats y appellent également à la dynamisation des engagements décidés le 26 avril 2011 dans le cadre du dialogue social et l'amélioration des conditions sociales de la classe ouvrière.
Désormais, dans un communiqué conjoint publié le 11 mars, la « coalition exprime sa profonde déception ainsi que sa colère suite au non respect des engagements du gouvernement en faveur de l’ouverture des négociations collectives concernant les revendications syndicales ». Pour elle, le gouvernement cherche, ni plus ni moins, à gagner du temps.
Les syndicats imputent « la responsabilité des futures tensions sociales au gouvernement, suite à sa démarche non-démocratique menaçant la paix sociale et l’équilibre social. »
C’est pourquoi la coalition « réitère sa revendication auprès d’Abdelilah Benkirane pour l’ouverture urgente de négociations participatives sérieuses et responsables qui peuvent conduire à des accords collectifs, dont les conclusions doivent être livrées d’ici la fin du mois de mars. » En plus de l'instauration d'un dialogue participatif, les syndicats réclament le respect des libertés syndicales.
Pour finir, les syndicats incitent l’ensemble des travailleurs et des militants à davantage de mobilisation afin d’inciter le gouvernement à ouvrir le dialogue, tout en mettent en garde l'exécutif contre les retombées néfastes de son comportement, qui risque d' «approfondir l'écart entre le gouvernement et la classe ouvrière et l'ensemble de la population. »