CMR, des administrateurs dénoncent l’opacité de la direction
La mise en vente de l’ancien siège de la Caisse marocaine des retraites a provoqué la colère de certains membres des instances de gouvernance de l’institutionnel qui gère les retraites de la fonction publique.
A la tenue du Conseil d’administration du 7 janvier 2014, il a été décidé la mise en vente de l’ancien siège de la CMR, sis place du Golan au centre de la capitale.
Selon Mohamed Bouzakkiri, Hassan El Mardi et Bouazza Sekri, trois membres élus du Conseil d’administration, cette mise en vente s’est faite en infraction des règlements en vigueur. Les trois élus, représentants des affiliés de la fonction publique civile, se sont opposés via un communiqué reçu par Médias24, à "une décision dangereuse et illégale".
Contacté par Médias24, Mohamed Bouzakkiri affirme que cette mise en vente n’était pas inscrite à l’ordre du jour du conseil du 7 janvier, et a été plutôt évoquée lors du dernier point "divers", "comme si c’était une affaire banale à traiter" a-t-il expliqué.
Bouzakkiri et ses deux collègues avaient auparavant, à la session de mai 2013, fait deux propositions concernant le sort du bâtiment. La première concernait la transformation de l’ancien siège en deux équipements: l’un abriterait la délégation régionale Rabat Salé Zemmour Zaïr de la CMR, l’autre en maison d’accueil des retraités affiliés et leurs familles lors de leurs déplacements à Rabat en vue d’accomplir des procédures administratives. La seconde proposition stipule que, au cas où la vente était inévitable, le bien se vende à un prix autour de 30.000 DH le mètre carré.
Bouzakkiri nous apprend par ailleurs que la vente a bien eu lieu, et que c’est une institution publique qui a repris le bien, la direction des domaines de l’Etat, qui est sous la tutelle du ministre de l’Economie et des finances. Le prix de cession n’a pas dépassé 10.000 DH/m² selon notre source, ce qui est inférieur au prix du marché (18.000 DH environ dans cette zone, au minimum). Nous avons tenté de contacter M. Mohamed El Alaoui El Abdellaoui, directeur de la CMR, mais celui-ci est resté injoignable.
En outre, les 3 représentants des affiliés qui siègent au conseil d’administration et à la commission permanente issue du conseil d’administration (CPICA) déclarent n’avoir aucun accès aux documents liés aux transactions immobilières opérées par la Caisse, dotée de l’autonomie financière suite à une réforme en 1996.
Suite au déséquilibre dans son système de gestion des retraites, la CMR est actuellement l’objet d’un chantier de restructuration et de refonte de ses mécanismes de pension.