Rabat : plusieurs familles délogées à Hay Ryad
Les pelleteuses ont détruit plusieurs habitations de fortune du Douar Ouled Dlim et de Guich Oudaya, à Hay Ryad, le 19 février dernier à l’aube. L’Association marocaine des droits humains dénonce vivement cette intervention.
L’AMDH a vivement réagit, par voie de communiqué, à cette intervention musclée au cours de laquelle les pelleteuses ont rasé plusieurs foyers de fortune, le 19 février dernier.
Cette opération de démolition à été réalisée suite à un jugement en première instance daté du 24 aout 2011, et confirmé en appel. Toutefois, les indemnités que prévoit le jugement ne couvrent pas les montants des dommages et des pertes subies par les habitants du quartier, selon les déclarations de ces derniers.
Les autorités publiques étaient bien représentées lors de cette opération de destruction. Accompagnées des forces d’intervention rapides, des forces auxiliaires, du pacha et du caïd de la région du quartier Ryad, elles ont assisté a ces opérations de démolition. Les habitants de ces foyers insalubres ont été délogés et les objets personnels (vêtements, meubles… etc.) ont été jetés à l’extérieur des habitations, rapportent les membres de l’AMDH, présents sur place.
Ces opérations ont conduit à de vifs accrochages entre les autorités et les habitants, au terme desquels, plusieurs femmes ont été emmenées à l’hôpital Avicenne. Ces tensions ont aussi conduit à l’arrestation de trois habitants du Douar. Accompagnés au 16e arrondissement de Hay Ryad, ils ont été relâches en début de soirée.
Ces opérations de délogement ont été marquées par plusieurs atteintes et infractions aux règles élémentaires des droits humains, selon l’AMDH. En effet, le délogement qui a eu lieu tôt, à l’aube, à connu la destruction de 8 habitats et de 5 étables. De plus, les autorités ont arraché une vingtaine d’arbres fruitiers. Dans une démarche purement sécuritaire dans la gestion de la crise de l’habitat.
L’association rapporte que ces opération ont été faites en contradictions avec les termes des conventions internationales concernant le « délogement et le déplacement pour des raisons de développement ». Ils ne doivent, en aucun cas, entraîner la précarisation des familles délogées, et doivent garantir une alternative convenable.