A l’USFP, le bras-de-fer Lachgar-Zaidi annonce une guerre intestine
Le bureau politique de l’USFP publie un communiqué virulent où il annonce la comparution de certains de ses membres devant la commission disciplinaire. Une première, selon Ahmed Zaidi.
Ces «trublions», dont des adhérents du courant «démocratie et ouverture» risquent d’être renvoyés du parti à cause de leurs prises de positions défavorables aux instances dirigeantes.
A quelques jours de la tenue de la réunion des cadres du courant Usfpiste «démocratie et ouverture» dont le leader est Ahmed Zaidi, la tension monte d’un cran avec Driss Lachgar, premier secrétaire du parti.
Objet de la discorde: le communiqué publié mercredi 19 févier par le bureau politique où il est question de présenter, la semaine prochaine, certains militants du parti de la rose devant la commission disciplinaire pour avoir eu «des comportements jugés contraires à la déontologie de l’action politique et aux statuts».
En clair, le bureau politique de l’USFP reproche à certains partisans d’avoir attaqué le parti dans les médias et les réseaux sociaux et à d’autres d’avoir ouvertement critiqué le travail des instances dirigeantes.
«La liberté d’expression doit se conformer aux normes de bienveillance et du respect de la dignité des autres, sans porter atteinte à leur vie privée (…) Tout discours au nom du parti, en dehors de ses structures légales élues, conformes à ses statuts, est considéré comme une violation qui sera traitée avec fermeté», selon les termes du communiqué. L’expulsion de ces contestataires n’est donc pas écartée.
«Quand on agit de la sorte en faisant comparaître de grandes figures devant la commission de discipline, on fait du mal au parti. Le bureau politique n’a pas vocation à censurer les idées ni à s’ériger en un tribunal de la déontologie. Ce qui se passe est très grave», déclare Ahmed Zaidi à Médias 24. Et de poursuivre, «durant toute l’histoire du parti que ce soit du temps de Bouabid, Youssoufi, Yazghi, Radi ou autres, jamais un tel comportement de censure n’a eu lieu. Grands démocrates, ils acceptaient les critiques et allaient de l’avant».
Sans surprise, parmi les noms (une quinzaine) qui devront répondre à la commission disciplinaire, certains appartiennent au courant de Zaidi. Il s’agit par exemple de Mohammed Boubekri, membre du bureau politique et de Taieb Mounchid, grand militant Usfpiste et par ailleurs ancien SG de la FDT (Fédération démocratique du travail), centrale syndicale du parti.
«Nous discuterons de ce point lors de la réunion du 22 février. Nous allons annoncer notre position à la fin de la rencontre. Mais je peux vous dire d’ores et déjà que nous considérons ce communiqué comme une menace à peine voilée», commente Ahmed Zaidi.
Rappelons que le courant compte sur la participation de plus de 250 cadres représentant toutes les régions du Maroc. Cette réunion qui se penchera sur le bilan des 10 mois d’existence du mouvement balisera le terrain au meeting national prévu pour avril 2014.