Tollé après le procès du microcrédit, Attac dénonce un jugement inique
Le verdict est tombé ce mardi 11 février à Ouarzazate : un de prison ferme, 30.000 DH d’amende chacun et 10.000 DH d’indemnités pour l’organisme de microcrédits, INMAA, à l’origine de la plainte. Ce couperet, condamnant Amina Morad et Benasser Ismaïni, les deux représentants de l’association de défense des victimes du microcrédit à Ouarzazate, dans le sud du royaume, soulève tollé sans pareil et alerte particulièrement les ONG marocaines Attac et CADTM (le comité pour l’annulation de la dette du tiers monde) qui lance un appel à mobilisation nationale et internationale dans son communiqué.
Celles-ci se révoltent contre ce procès qu’elles jugent «invraisemblable» et «inique».
Dans ce que les ONG décrivent comme « une mascarade judiciaire », les accusés sont poursuivis pour escroquerie, diffamation et menaces envers l’organisme de microcrédits.
Un jugement rapide sous les huées de nombreuses victimes de cet organisme, formulant leur soutien à Amina Morad et Benasser Ismaïni.
Outre son aspect expéditif, Attac – CADTM insistent sur les multiples vices de formes qui entachent ce procès. «Les témoins à charge ne se sont pas présentés» à l’audience d’une part et les avocats de la défense ont déroulé «des preuves concernant les abus et dérapages du système de microcrédit (notamment les taux d’intérêts usuriers qui y sont pratiqués)» relèvent d’autre part les ONG.