A Casablanca, un groupe de conseillers dénoncent la marginalisation des élus
13 heures. Complexe Al Amal, à Casablanca. Une trentaine d’élus de tous bords (UC, PAM, PJD, Istiqlal, USFP, MP…) prennent place autour d’une table ronde. Ils ont bien choisi le jour pour manifester leur opposition.
Leur réunion s’articule autour de deux points: la marginalisation dont ils font l’objet et l’état d’avancement des chantiers depuis le discours du Roi. «Cela fait 3 mois que le roi a prononcé son discours [4 mois en réalité] mais rien n’a été fait jusqu’à présent. Casablanca est toujours aussi sale», maugrée un élu.
«Nous sommes systématiquement évincés de tout ce qui a trait à la gestion de la ville», enchaîne son voisin. Il en veut pour preuve l’élaboration du dernier cahier des charges pour la collecte des déchets: «Nous voulons bien savoir comment Sita El Beida a pu remporter l’appel d’offres.»
Le choix de la date n’est pas anodin. C’est ce lundi que Khalid Safir, wali de Casablanca, a dévoilé le plan prioritaire pour mettre à niveau les infrastructures de la métropole. Plan qui devra être mis à exécution, en partie du moins, par les élus, qui ont été «évincés».
«Qui a fait ce plan d’urgence? Est-il normal que seuls les présidents des arrondissements soient invités? Si on considère que nous n’avons aucun rôle, qu’on nous le dise clairement», lâche un conseiller communal.
On brandit même la menace de la démission collective: «Nous avons adressé plusieurs lettres à Sajid pour lui demander de nous recevoir, sans succès. Il est temps peut-être d’agir autrement.»
Mais la colère n’est pas partagée par tout le monde. Certains restent même sceptiques quant à l’objectif de cette réunion. «Pourquoi aujourd’hui? La marginalisation des élus date de plusieurs années», s’interroge un élu réfractaire. «J’ai retiré ma signature lorsque j’ai réalisé que leur seul but était de préparer une opposition pour la session ordinaire du Conseil de la ville de Casablanca qui se tiendra le 27 février», poursuit-il.
La réunion aura duré deux heures et demie, avant que le déjeuner ne dérobe l’intérêt de nos élus, qui se sont empressés de lancer quelques recommandations, dont voici les principaux points:
- Soumettre le plan d’urgence à l’approbation des élus;
- L’application stricte et transparente de la charte communale;
- Participation à toutes les discussions qui concernent la gestion de la ville.
Mais pèseront-ils dans la décision? Ils n'étaient qu'une trentaine, dans une métropole qui compte 500 élus communaux.