Le rapport 2014 de Human Rights Watch critique envers le Maroc
Dans son rapport annuel, Human Right Watch pointe le Maroc du doigt, expliquant que le pays tarde à mettre en pratique les nouvelles dispositions de la constitution de 2011.
Pour l’ONG, le Maroc ne respecte pas les droits des femmes, ni celui des migrants subsahariens, encore moins celui des Marocains de manifester pacifiquement.
Human Rights Watch a publié ce mardi 21 janvier son rapport 2014 sur la situation des droits de l’Homme dans le monde, et comme à l’accoutumée, l’ONG internationale se montre très critique envers la situation des droits de l’Homme au Maroc. Dans ce rapport de 668 pages, l’ONG estime que «la nouvelle Constitution du Maroc a incorporé de fortes dispositions relatives aux droits de l'Homme, mais ces réformes n'ont pas abouti à l'amélioration des pratiques, à l’adoption de la législation d’application ou à la révision des lois répressives».
Liberté d’expression, de réunion et de rassemblement
Sur l’épineuse question de la liberté d’expression, HRW estime que les médias marocains indépendants peuvent critiquer librement les hautes sphères politiques, mais s’exposent à des poursuites judiciaires dès qu’ils dépassent certaines lignes rouges. Après avoir rappelé la fermeture du bureau marocain d’Al Jazeera au Maroc en 2010, l’ONG parle de l’affaire de Ali Anouza.
Si l’ONG admet que de nombreux Marocains organisent régulièrement et depuis le 20 février des sit-in pour demander des réformes politiques sans subir une quelconque répression policière, il n’empêche que certains cas d’abus de la police ont été observés, en l’occurrence le 2 août dernier avec notamment la violente répression policière lors des manifestations contre la grâce du pédophile espagnol Daniel Galvan.
Sur les migrants subsahariens
La situation des migrants subsahariens qui tentent désespérément de rejoindre «leur Eldorado» est loin d’être enviable. Des reconduites brutales par les forces de police marocaines ont souvent lieu à la frontière maroco-algérienne, rappelle HRW, qui souligne toutefois que le CNDH a établi un rapport encourageant relatif à la situation des migrants et des réfugiés au Maroc, lequel rapport a été approuvé par le Roi.
Arrestations arbitraires de centaines d’islamistes
HRW souligne que les islamistes subissent les foudres des forces de l’ordre depuis les événements tragiques de mai 2003. Des centaines d’arrestations arbitraires dans les rangs des divers groupes islamistes ont eu lieu, notamment en 2007 et 2011.
Droits des femmes et «petites bonnes»
Sur les droits des femmes, l’ONG estime que le Code de la famille contient des «dispositions discriminatoires pour les femmes en matière de succession et le droit pour les maris de répudier unilatéralement leurs épouses». Par ailleurs, HRW passe au crible le calvaire des enfants domestiques au Maroc et rappelle qu’ «en dépit des lois interdisant le travail des moins de 15 ans, des milliers d’enfants, principalement des filles, travaillent comme domestiques». Dans cette face honteuse de la bonne société marocaine, les maltraitances et les tortures sont également monnaie courantes. HRW souligne que ces enfants travaillent parfois jusqu’à 12 heures par jour pour seulement 11 dollars quotidiens. Une réalité qui se passe de tout commentaire.