L’officialisation de l’amazighe a été débattue en commission parlementaire
Le parlement a pris connaissance mercredi 8 janvier en commission, d'une proposition de loi pour l’officialisation de la langue amazighe. Cette proposition a été globalement bien accueillie par les groupes parlementaires représentés.
Les discussions reprennent dans 1 mois et demi.
C’est la commission de l'Enseignement, de la culture et de la communication qui a discuté cette proposition de loi organique, présentée par les députés Rahhal Nassiri et Mohammed Abdelali Hilali du groupe parlementaire de l’Alliance du centre (PRE, MDS et Al Ahd). Le gouvernement a pour sa part été représenté par le ministre de la Culture, Mohamed Amine Sbihi.
«Certains groupes parlementaires, parmi lesquels la majorité, ont émis le souhait de se voir donner plus de temps pour que le débat soit fait en profondeur. C’est pourquoi M. Hilali a demandé à la présidence de la commission de surseoir à l’examen de cette proposition de loi. La présidence a répondu favorablement à cette requête», nous dit Chaker Achahbar, président du parti du peuple (ex-parti du renouveau et de l’équité), qui se trouve derrière cette proposition de loi organique.
«Le RDV a été pris pour d’ici un mois et demi», ajoute-t-il.
Il s’agit d’un texte de 10 chapitres et de 34 articles relatif à la mise en œuvre de l'amazigh en tant que langue officielle comme le veut la nouvelle constitution du Maroc.
Point notable, il n’y a pas eu d’opposition de la part des partis grands défenseurs de l’arabe fus’ha, notamment le PJD et l’Istiqlal, mais la volonté de se donner le temps et d’avoir le maximum de concertations, car «c’est un sujet qui touche tout le monde», rappelle le président du Parti du peuple. A noter aussi que tous les groupes parlementaires ont été représentés.
«Nous étions présents en tant qu’observateurs. Il est vrai que c’est un bon début, bien que cette proposition de loi ait besoin d’être enrichie par les texte préparés par le tissu associatif » estime Youssef Laarej, membre du Réseau amazigh pour la citoyenneté Azetta Amazigh.
«Mais au-delà de l’optimisme affiché par les parlementaires, il n’y a pas encore eu de décision concrète, tandis que le gouvernement n’affiche jamais sa vision sur la question. Notre travail consiste à animer continuellement le débat, à motiver les parlementaires et à pousser le gouvernement à exprimer clairement sa vision sur l’officialisation de la langue l’amazighe», conclut Youssef Laarej.