L’Atlas, des montagnes en équilibre selon des chercheurs américains
Cet Atlas-ci ne porte pas le monde sur ses épaules, mais aussi colossal soit-il, il semble avoir des pieds d’argile… Il n’est pas question ici de mythologie mais bien de géologie dans la célèbre chaîne montagneuse marocaine. Un sujet sur lequel un groupe de chercheurs californiens a planché, sous la direction de Meghan Miller et Thorsten Becker, deux enseignants de Sciences de la Terre de l’Université américaine USC Dornsife.
Leur recherche, publiée dans les revues de référence Geology et Nature Geoscience, bouleverse la conception classique et standard de la formation montagneuse et démontre la particularité des reliefs de l’Atlas. Selon leurs conclusions, ces montagnes culminent à près de 4.000 mètres sans disposer pour autant de « racines » profondes. L’Atlas repose ainsi selon les chercheurs sur une couche de roches en fusion qui s’écoule sous la lithosphère – l’une des enveloppes concentriques du globe terrestre – régionale, comme en flottaison. Cette découverte confirme aux spécialistes que les « structures terrestres sont beaucoup plus complexes » que ce que les chercheurs imaginaient, précise Meghan Miller.
Son collègue et co-auteur de l’étude, Thorsten Becker, explique par ailleurs que les chaînes montagneuses de l’Atlas défient le principe établi selon lequel « la hauteur d’un relief dispose d’une profondeur proportionnelle ; au même titre qu’un iceberg ne flotte pas seul à la surface de l’eau mais nécessite une importante masse immergée ». Or l’Atlas est en « équilibre, probablement en raison d’une confluence d’anomalies de résistance de la lithosphère ».
Le laboratoire Miller mène des recherches supplémentaires sur la datation de la formation montagneuse, afin de mieux comprendre la particularité de ce processus géologique.