L'ancien golden-boy algérien Abdelmoumen Khelifa extradé par Londres
Abdelmoumen Rafik Khelifa, au centre d'un scandale financier d'envergure, a été remis mardi aux autorités de son pays par la Grande-Bretagne, où il s'était réfugié depuis des années, indique le ministère algérien de la Justice.
M. Khelifa "a été remis le 24 décembre conformément aux procédures légales et aux dispositions de la convention judiciaire entre les deux pays", ajoute la même source dans un communiqué.
"Suite à l'épuisement de tous les recours auprès de la justice du Royaume Uni et de la justice européenne, concernant l'extradition d'Abdelmoumen Rafik Khelifa, la délégation (algérienne) qui s'est déplacée dimanche à Londres a finalisé toutes les procédures d'extradition pour la remise du concerné", souligne le communiqué.
Il y a une semaine, le ministère britannique de l'Intérieur avait indiqué que son pays allait extrader l'ex-homme d'affaires vers l'Algérie avant la fin du mois de décembre.
A la fin des années 1990, Rafik Khalifa fonde un empire érigé autour d'une banque, d'une compagnie aérienne et de deux chaînes de télévision et employant 20.000 salariés en Algérie et en Europe.
En novembre 2002, après la découverte de pratiques jugées "frauduleuses", la Banque d'Algérie va bloquer les transferts vers l'étranger de Khalifa Bank. Le groupe sombre alors rapidement, notamment après qu'en février 2003, trois de ses proches collaborateurs sont arrêtés à l'aéroport d'Alger avec 200.000 euros en liquide.
Une enquête révèle le recours par le groupe à des opérations qualifiées "d'illégales" pour la sauvegarde de son patrimoine. L'effondrement, en 2003, de son groupe avait causé un préjudice pour l'Etat algérien et les épargnants estimé entre 1,5 et 5 milliards de dollars, selon les experts.