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Centrafrique: Un millier de morts depuis le 5 décembre, selon Amnesty

Les dernières violences inter-religieuses ont fait près d'un millier de morts depuis début décembre en Centrafrique, où les tueries continuent, selon Amnesty international.  

Centrafrique: Un millier de morts depuis le 5 décembre, selon Amnesty
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Le 19 décembre 2013 à 14h32 | Modifié 19 décembre 2013 à 14h32

La plupart des victimes ont été tués dans les représailles de l'ex-rébellion Séléka à Bangui, mais également dans les atrocités des milices d'autodéfense villageoises en province, plus particulièrement dans la région de Bossangoa (nord-ouest), selon Amnesty. Au matin de leur offensive du 5 décembre dans plusieurs quartiers de la capitale, les milices chrétiennes « anti-balaka » (anti-machettes) infiltrées dans certains quartiers de la capitale « ont fait du porte-à-porte et tué jusqu'à environ 60 hommes musulmans », a expliqué Amnesty. Les forces de l'ex-rébellion Séléka (au pouvoir depuis mars 2013) « ont mené des représailles à grande échelle contre les chrétiens, tuant près de 1.000 hommes en deux jours et pillant systématiquement les maisons des civils », selon Amnesty, qui précise qu'un « petit nombre de femmes et d'enfants ont également été tués ». Le dernier bilan de ces violences faisait état de 600 morts, dont 450 à Bangui, selon l'ONU.

« Des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité sont commises par les deux parties en conflit », a alerté l'organisation de défense des droits de l'homme. La Centrafrique est plongée dans l'anarchie et le chaos depuis la prise du pouvoir en mars 2013 par la Séléka, une coalition hétéroclite de groupes armés musulmans venus du nord du pays. Les violences entre chrétiens et musulmans se sont déchainées le 5 décembre, avec l'offensive anti-balaka sur Bangui, précipitant l'intervention militaire de la France qui tente depuis lors de désarmer les belligérants et opère en appui à une force africaine, la Misca.

Un risque de violences généralisées

« Malgré la présence » de ces troupes françaises et africaines, « des civils continuent d'être tués quotidiennement, avec au moins 90 personnes tuées depuis le 8 décembre », toujours selon Amnesty. Ces « atrocités sectaires s'intensifient », s'est même alarmé de son côté Human Rights Watch (HRW), dans un rapport également publié jeudi, qui parle de « plusieurs centaines de morts » et évoque plus particulièrement la situation à Bossangoa.Les enquêteurs d'HRW y ont observé depuis septembre 2013 « une poussée de violence de la part des milices anti-balaka », qui « ont tué plusieurs centaines de musulmans », entrainant les représailles de la Séléka et de « nombreux crimes contre les chrétiens ». « De graves violations des droits humains continuent d'être commises dans le nord du pays ainsi qu'à Bangui », toujours selon HRW. Et « le risque de nouvelles violences généralisées est extrêmement élevé ».

Après le déferlement de haines et de violences de ces deux dernières semaines, la situation s'est néanmoins « apaisée » dans le pays, a estimé mercredi le général Francisco Soriano, à la tête des 1.600 soldats français de l'opération Sangaris. « C'est plutôt calme à Bangui depuis vendredi 13 (décembre) à midi. (...) Mais nous sommes très prudents. Il y a encore des attitudes et des propos violents », a souligné le général Soriano.

La capitale Bangui connait effectivement ces derniers jours une timide et relative normalisation. Les tensions persistent néanmoins dans certains quartiers, alors que la ville compte toujours près de 210.000 déplacés. L'armée française a poursuivi mercredi ses opérations de désarmement des groupes armés, entamé le 9 décembre, « en veillant a ne pas perturber la vie qui reprend » dans la capitale, a expliqué le général Soriano. Après avoir désarmé en priorité les ex-Séléka, les soldats français visent depuis mardi les milices « anti-balaka », très présentes dans certains quartiers chrétiens, et tente ainsi de réaffirmer son « impartialité ».

A ce jour, ce sont environ 7.000 combattants de l'ex-Séléka qui ont été désarmés et sont cantonnés dans leurs casernes à Bangui, selon un haut-gradé de la Misca. Désaccord politique persistant Sur le plan politique, le président et ex-chef rebelle Michel Djotodia s'est entretenu dans l'après-midi à son palais de Bangui avec son Premier ministre Nicolas Tiangaye pour une « réunion de conciliation », selon leur entourage. L'objectif était de mettre fin au conflit politique entre les deux hommes, après le limogeage dimanche par l'ancien chef rebelle de trois ministres et du directeur du budget, une décision prise par décret et sans concertation avec M. Tiangaye. « Je pense que nous allons trouver une solution politique. Une décision sera prise plus tard », a déclaré à l'AFP M. Tiangaye à l'issue de la rencontre.

Selon une source proche de la présidence, « les deux hommes sont d'accord sur la nécessité de trouver une solution (...). Mais le président ne veut pas revenir sur le décret, et M. Tiangaye ne veut pas céder ». La polémique a révélé au grand jour les vives tensions à la tête de l'exécutif, et sans doute la marginalisation croissante du Premier ministre, unique caution démocratique de ce gouvernement largement dominé par les ex-rebelles de la Séléka. Sur la scène internationale, les responsables français ont multiplié ces dernières 24 heures les déclarations, parfois confuses, voire très optimistes, sur une intervention au sol de troupes européennes aux côtés des soldats français en RCA. Aucun pays européen, à l'exception de la Belgique, prête à participer à une sécurisation de l'aéroport, n'a pour le moment confirmé un tel déploiement.

(Avec AFP) 

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