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Redaction

Sahara: le discours provocateur d'Abdelaziz Bouteflika

Le discours adressé lundi 28 octobre par le président algérien à Abuja dévoile le vrai visage de la politique algérienne hostile au Maroc. Cette politique vient contredire les déclarations trompeuses des dirigeants algériens.  

Sahara: le discours provocateur d'Abdelaziz Bouteflika
Samir Hilal
Le 29 octobre 2013 à 16h00 | Modifié 29 octobre 2013 à 16h00

Le discours d’Abdelaziz Bouteflika aux participants à Abuja (Nigéria) à la soi-disant «conférence africaine de solidarité avec la cause sahraouie» vient contredire les déclarations de l'Algérie sur le souci de renforcer les relations de bon voisinage et de préserver l'unité du destin maghrébin commun.

Ainsi, au moment où les relations maroco-algériennes connaissent une certaine amélioration qui fait revivre l'espoir d'une normalisation à travers notamment l'échange de visites entre délégations pour examiner les moyens de renforcer la coopération bilatérale dans différents domaines, voilà que le président Bouteflika décide d'opter pour un discours provocateur à l'égard du Maroc en affichant clairement son soutien au front séparatiste du «Polisario».

Ce discours renseigne sans équivoque sur la véritable position de l'Algérie et sa politique étrangère concernant la question du Sahara alors qu'elle n'a cessé de prétendre, par la voix de ses responsables, qu'elle n'a aucune influence dans ce conflit.

Le discours de Bouteflika est «un acte de provocation directe à l'égard de l'intégrité territoriale du Maroc», explique le président du Centre maghrébin pour les études sur la sécurité et l'analyse des politiques, Abderrahim Manar Slimi, faisant remarquer que l'Algérie a choisi désormais de mobiliser de manière solennelle des gouvernements de l'Union africaine contre le Maroc.

Dans une déclaration à la MAP, M. Slimi, également professeur des sciences politiques à la faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de Rabat-Agdal, souligne que ce discours dont les extraits ont été diffusés par l'agence de presse algérienne, en tant qu'agence officielle, reflète que contrairement à ce qu'elle a toujours nié, l'Algérie est la seule partie prenante au conflit du Sahara et que la direction du «Polisario» «n'est que le 5e bataillon de l'armée algérienne».

Le président algérien est allé trop loin dans sa provocation en appelant à nouveau à l'élargissement du mandat de la Minurso à la surveillance des droits de l'Homme dans les provinces du sud, en tentant d'ouvrir à nouveau un dossier clos par la Conseil de sécurité à travers la résolution 2099 qui ne fait aucune référence à la modification des prérogatives de la mission onusienne mais au contraire salue les pas franchis par le Maroc pour la promotion des droits de l'Homme ce qui constitue une reconnaissance de la part de l'ONU aux efforts et initiatives, lancées sous la conduite du Roi Mohammed VI.

Cette même résolution évoque, par contre, la question du recensement de la population de Tindouf que l'Algérie continue de refuser, fait-il observer.

Cette résolution accorde aussi la prééminence à l'initiative marocaine d'autonomie jugée crédible et sérieuse ce qui signifie que les thèses du président algérien telle celle relative à l'autodétermination sont considérées aujourd'hui par la communauté internationale comme des options obsolètes et irréalistes, explique-t-il.

Le discours lu au nom du président algérien à Abuja constitue de ce fait une provocation non seulement à l'égard du Maroc mais à l'ensemble de la communauté internationale qui n'a cessé de déployer des efforts considérables dans le cadre des Nations unies pour parvenir à une solution mutuellement acceptable à ce conflit surtout que la région fait face à plusieurs menaces dont le terrorisme et le crime organisé, notamment en l'absence de l'hégémonie de l'Etat dans certaines régions à l'instar de Tindouf sur le sol algérien.

Pour Manar Slimi, le timing choisi par le président algérien pour cette sortie provocatrice à l'égard du Maroc n'est guère innocente et s'explique par plusieurs facteurs, notamment la situation interne en Algérie qui oblige le régime en place à tout faire pour détourner l'attention sur le scénario catastrophique vers lequel se dirige le pays. Cette sortie provocatrice intervient au moment même où Bouteflika annonce sa candidature pour briguer un énième mandat présidentiel.

Face à cette situation, Bouteflika, qui traverse une rude épreuve et qui est en conflit avec les services de renseignements internes, a choisi d'exporter la crise interne en Algérie invoquant la question des camps de Tindouf et en s'attaquant au Maroc, ajoute Manar Slimi.

L'universitaire explique également cette position de Bouteflika par la crise sur les frontières avec le Tunisie et son échec au Mali et les fautes commises par l'Algérie dans ce pays en abritant sur son sol des groupes terroristes à l'instar de celui de Mokhtar Belmokhtar, au moment où le Maroc soutient Bamako à travers notamment son expertise dans les domaines de l'équipement, des services et d'encadrement du champ religieux, une expertise qui fait défaut à l'Algérie bien que disposant de la manne du pétrole.

Ce discours provocateur s'explique aussi par la fuite en avant de l'Algérie qui refuse de se conformer à la résolution 2099 appelant à un recensement de la population des camps de Tindouf, ajoute Manar Slimi, qui a tenu à attirer l'attention sur le fait que les dissensions internes en Algérie (entre Bouteflika et les services de renseignements), pourrait inciter les dirigeants algériens à financer encore davantage les séparatistes quitte à porter atteinte à la stabilité des pays voisins.

Selon l'universitaire, les autorités marocaines doivent répondre de manière ferme aux provocations algériennes, d'autant plus que le président Bouteflika cherche à briguer par tous les moyens un quatrième mandat, même s'il doit faire exploser la région du Maghreb tout entière.

(Avec MAP)

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Samir Hilal
Le 29 octobre 2013 à 16h00

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