Polémique autour du bilinguisme dans l’enseignement : le ministère répond
Le ministère de l’Education nationale a démenti avoir émis une circulaire appelant à enseigner en langue française les matières scientifiques au cycle secondaire qualifiant. Pourtant, le projet est bel et bien lancé.
Le 23 août dernier, Médias 24 publiait en exclusivité un article qui expliquait qu’à partir de la prochaine rentrée scolaire, la langue française ne sera plus uniquement une langue enseignée, mais une langue d’enseignement. Le 10 septembre, un second article publié par nos soins donnait plus de détails en expliquant qu’une expérience pilote concernera 14 classes dans 7 établissements. Ces 14 classes scientifiques et littéraires étudieront les sciences en français dès la rentrée.
Suite à cela, plusieurs journaux ont repris l’information en mentionnant toutefois que le ministère de l’Education nationale a publié une circulaire qui confirme ce projet pilote. Cette information est erronée puisque le ministère n’a jamais publié de circulaire autour de ce point.
En réaction, le ministère de l’Education nationale a publié un communiqué où il dément catégoriquement qu’une circulaire a été publiée, mais ne remet à aucun moment en doute la véracité du projet pilote.
Par ailleurs, nos sources au sein du ministère, nous confirment une nouvelle fois que cette expérience pilote est bel et bien appliquée à partir de cette rentrée.
«Il ne s’agit pas d’un retour sur l’arabisation» comme l’a précisé notre source dans notre second article, mais d’une expérience pilote qui, si les résultats s’avèrent concluants, sera généralisée sur un échantillon plus large d’écoles du royaume pour la rentrée 2014-2015, avant de toucher l’ensemble des écoles marocaines dans les années à venir.
Nous maintenons donc notre information. Attajdid, organe du PJD, en a fait de même, citant ses propres sources au sein du ministère, évoquant une note ou une circulaire qui a été diffusée d'une manière restreinte, ainsi que des annonces qui ont été faites oralement devant les dirigeants d'établissemlents secondaires. Attajdid en fait une affaire politique, car pour lui la langue arabe est sacrée, idem pour l'arabisation.
Le mystère qui entoure cette affaire provient de l’aspect politique du sujet de l’arabisation de l’enseignement, mais aussi de la «sacralité» de la langue du coran.
En effet, la décision politique prise dans les années 1980 qui consiste à arabiser les cycles secondaires de l’enseignement public, a fait d’innombrables dégâts.
En l’occurrence, celui d’envoyer dans les universités des étudiants qui ont jusqu’alors toujours étudié en arabe, et qui se retrouvent incapables de suivre des cours uniquement dans la langue de Molière. Pendant ce temps, ceux qui ont arabisé l’enseignement ont inscrit leurs enfants dans les écoles françaises…
Par ailleurs, certains auteurs -parmi lesquels Michel Quitot, (Le Paysage linguistique et enseignement des langues au Maghreb) ou Fouad Laroui (Le Drame linguistique marocain) - se sont déjà penchés sur les conséquences de l’arabisation sur l’enseignement au Maroc.
Il convient de noter que le problème de l’arabisation dans l’enseignement ne concerne pas uniquement le Maroc : il est transposable à l’ensemble Maghreb, mais également aux pays arabo-musulmans du Moyen-Orient.