Surprésentéisme : 50% des Belges se rendent au travail même malades
Le surprésentéisme, ou simplement le fait de se rendre au travail sans être en état de le faire, prend de plus en plus de mesures inquiétantes en Belgique, où il touche environ 50% des travailleurs, selon une étude menée par des médecins de l'université de Gand.
Ce phénomène, d'origine anglo-saxonne, touche désormais toutes les catégories de personnel et pas uniquement les travailleurs précaires qui ont peur de perdre leur emploi, relèvent-ils, notant que sont aussi concernés les cadres, qui craignent de devoir résorber un retard énorme au retour de maladie, ou même les chefs d'entreprise qui redoutent d'être pris en défaut d'exemplarité.
Mais la peur de passer pour un employé défaillant ou qui ne supporte pas la pression serait particulièrement vive chez les travailleurs belges et français. Une étude de la Fondation européenne de Dublin pour l'amélioration des conditions de travail, réalisée en 2010, avait démontré que 48% de ces travailleurs se sont déjà présentés au moins une fois au bureau tout en étant souffrants. La moyenne européenne voisine les 40%.
Les raisons de ce phénomène rampant sont diverses et ne se limitent pas seulement à la crise économique. Les spécialistes avancent, à cet effet, la multiplication des statuts précaires (stages, intérim, période d'essai, Contrats à durée déterminée ), l'instabilité du marché de l'emploi, la pression dans le lieu du travail, l'envie de bien faire ou encore le manque de visibilité à moyen et long terme.
Par corps de métiers, ce sont les professions sociales et médicales qui sont les plus touchées par le surprésentéisme. Le secteur des soins de santé est le plus allergique aux certificats médicaux. Mais peu de secteurs sont épargnés. On le trouve ainsi chez les avocats, les prestataires indépendants ou encore les commerçants.
(Par MAP)