« Akram, dégage », l’étrange graffiti sur les murs marocains
Décidément, il ne fait pas bon s’appeler Akram en ce moment. De Lissasfa au Mâarif en passant par la Résistance, qui, pour une fois, porte bien son nom, le désormais célèbre slogan « Akram, dégage » ne passe pas inaperçu.
« Mais de quel Akram diable parle-t-on? Que fait-il ? Pourquoi n’a-t-il pas encore dégagé?», se demande-t-on, pressé d’en finir pour repeindre les murs.
Le « mis en cause » n’est autre que Abdelilah Akram, président du WAC. Et les auteurs des graffitis en question ne sont autres que des supporters qui voient rouge. Que reprochent-ils à Abdelilah Akram exactement? Selon eux, et depuis 2007, c’est-à-dire depuis son élection, l’équipe n’a fait qu’enchaîner échec sur échec.
« Un long triste feuilleton de mascarades qui mènera le Wydad et ses fans droit au mur», indique-t-on sur la page des Winners 2005, créée par des supporters du WAC. (Ils ne croient pas si bien dire, car ses fans sont allés effectivement droit au mur). Devant le mutisme délibéré du principal concerné, le groupe n’a eu d’autre choix que d’organiser une manifestation (!!!), où quelques milliers d’indignés exigeaient à l’unisson – car plus on est de fouteux, plus on crie - le départ du désormais tristement célèbre Abdelilah Akram, ou Akram pour les intimes. Fait rarissime : la manifestation s’est déroulée pacifiquement. Le président, inébranlable, continue de faire la sourde oreille.
La prime d’adhésion à 20.000 DH
« Dans n’importe quelle structure qui se respecte et qui se veut démocratique, chaque président est élu par une majorité des adhérents lors d’une Assemblée générale. Il convient de rappeler que la base d’adhérents qui comportait avant 2007 un peu plus de 200 adhérents n’en compte aujourd’hui qu’une trentaine. C’est le fruit d’un travail de pure mauvaise foi entrepris par le président, qui a augmenté la prime d’adhésion à 20.000 DH, soit le quadruple de l’ancienne prime, rendant ainsi la mission impossible à beaucoup de passionnés du club », s’indigne-t-on sur la page citée plus haut.
Les contestataires ont beau crier, manifester, boycotter les matches de leur équipe préférée, la position – du reste confortable – n’a pas changé d’un iota. « J’y suis, j’y reste », leur riposte-t-il. C’est en tout cas ce que l’on peut retenir de l’entretien qu’il a accordé, en mai dernier, au journal le Matin.
« N’importe na-WAC », conclut un supporter, visiblement en manque d’inspiration.