Réforme de la santé : la question du financement au centre des débats
Alors que les travaux de la Conférence nationale de la santé se poursuivent à Marrakech, jamais nous n’avons été aussi proches de l’élaboration de la nouvelle charte. Les recommandations qui serviront de base à sa rédaction son attendues pour demain.
Cette charte sera conçue sur la base des conclusions d’un livre blanc mis à disposition des participants par le ministère de la santé, et dont les recommandations visent à mettre en place 3 réformes, et à lancer 9 chantiers.
Les axes prioritaires de cette réforme consistent à agir sur les déterminants sociaux de la santé, à mettre en place une couverture universelle en se prémunissant contre les risques financiers y afférant, ainsi que la modernisation de la gouvernance de la santé.
Pour ce faire, les participants aux assises ont animé cinq ateliers de travail durant les deux premiers jours de la conférence. Ces sessions ont eu pour thèmes : la sécurité sanitaire, le financement du système de santé, la pénurie des professionnels de la santé, l’équité et le droit à la santé et la gouvernance du système de santé.
Une importance toute particulière a été accordée au partenariat public privé, sans lequel, la réforme est vouée à un échec certain, d’après les différentes interventions d’acteurs nationaux et internationaux. Vous l’auriez compris, le souci majeur est celui du financement ; comment assurer la mise en place d’une couverture sanitaire universelle sans l’appui des investisseurs ?
Nous devons nous imprégner des modèles qui marchent tout en prenant en considération la spécificité marocaine, semblent répéter en chœur les syndicats, les experts internationaux et les officiels marocains.
Deux exemples reviennent au fil des exposés. L’expérience turque et le modèle brésilien. Et le Maroc en a tiré quelques conclusions qui ne devront pas tarder à figurer dans la charte : la sous-traitance des tâches paramédicales dans le but de décongestionner les bâtiments hospitaliers, la motivation du corps médical à travers une rémunération indexée à la performance, et la refonte du système d’enseignement classique, en instaurant le cycle licence-master-doctorat, inspirés du modèle anglo-saxon.
A ce titre, une loi est en train d’être discutée pour appliquer ce modèle d’enseignement à la filière pharmacie. Selon Abdelali Belghiti, secrétaire général du ministère de la santé, une commission composée du ministère de la santé et celui de l’enseignement supérieur se penche, actuellement, sur la possibilité d’étendre le cycle LMD à l’ensemble des branches de la médecine.