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L'école marocaine n'est pas près de parler amazigh

Médias 24 a interrogé Moha Mokhlis (Ircam), Kassi Abdallah (Education nationale) et Omar Louzi (Massanissa)  sur la place de l’amazigh à l’école. Les réponses sont plutôt contrastées !  

L'école marocaine n'est pas près de parler amazigh
Amine Belghazi
Le 20 juin 2013 à 19h16 | Modifié 20 juin 2013 à 19h16

Quelle place occupe la langue amazighe dans nos écoles ? Tel était l’objet de la réunion de l’Institut royal de la culture amazighe (Ircam), tenue le mercredi 19 juin. Pour faire le tour de la question, Médias 24 a donné la parole à trois acteurs différents.

Le bilan est plutôt morose, à en croire la synthèse du doyen de l’institut, Ahmed Boukous, qui recommande, par ailleurs, la diversification de la qualité et de la quantité des enseignements. Médias 24 a voulu en savoir plus. Nous avons contacté le service communication interne de l’Ircam, représenté par Moha Mokhlis. Ce dernier nous a dressé un état des lieux globalement positif mais entaché de contraintes auxquelles il faut remédier. «La convention passée entre l’IRCAM et le ministère de l’Education nationale à permis l’introduction de l’amazighité dans l’enseignement primaire, via l’élaboration et l’édition de manuels scolaires en plus des supports pédagogiques.». Il fait par ailleurs remarquer que «la couverture est à ce jour encore lacunaire, car il n’y a pas de généralisation au niveau national, d’autant plus que l’enseignement de la langue reste limité à l’école primaire» nous explique Moha Mokhlis.

Pour connaître les raisons de ces blocages, nous avons contacté Kassi Abdallah, responsable de l’enseignement de la langue amazighe au sein du ministère de l’Education nationale. Pour lui, il existe deux problèmes majeurs: le premier est un problème de compétences, «nous n’avons pas assez de ressources humaines pour assurer une dispense totale de la langue amazighe dans les écoles primaires. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui ont poussé le ministère à former, durant cette année, 90 enseignants spécialisés en langue amazighe. Ils seront répartis sur 3 centres : Agadir, Marrakech et Meknès, et ce à partir du mois de septembre prochain».

Le deuxième souci est l’absence d’un cadre législatif, en l’occurrence une loi organique qui régit les modalités de dispense des cours, «la loi (organique) permettra d’élargir l’enseignement de la langue sur tout le royaume, et permettra de donner les grandes orientations. Elle permettra par exemple de déterminer si l’amazigh sera une langue enseignée ou une langue d’enseignement, si elle sera enseignée en alphabet tifinagh, etc.». Pour le moment, l’heure est à la consolidation des acquis, nous révèle la même source.

L’avis du président de Massanissa

«C’est un fiasco total !» juge pour sa part Omar Louzi, président de Massanissa, l’institut amazigh des études stratégiques. «11 ans après le discours pour l’introduction de la langue amazighe dans l’enseignement, on recule plutôt qu’on avance ! Et pour cause, dans l’enseignement comme ailleurs, plusieurs langues étrangères prévalent sur la langue amazighe qui est une langue nationale». Pourtant, «ces langues étrangères n’ont pas eu besoin d’une loi organique pour être adoptées. C’est un apartheid linguistique ! » clame-t-il. Militant actif pour la préservation de la culture amazigh, Omar Louzi ne manque pas de porter ses revendications qui sont, outre la généralisation de la langue, la création d’un mouvement culturel amazigh. D’ailleurs, «il faut rendre la langue amazighe obligatoire dans les écoles marocaines, qu’elles soient publiques ou privées» estime Omar Louzi... Tanmirt !

 


 

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Tags : Avortement
Amine Belghazi
Le 20 juin 2013 à 19h16

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