Le groupe Lafarge creuse ses pertes au premier trimestre mais maintient ses objectifs 2013
Lafarge a pratiquement doublé ses pertes au premier trimestre par rapport à l'année dernière en les portant à 117 millions d'euros mais le fabricant de matériaux de construction table sur une reprise de la demande de ciment pour atteindre ses objectifs 2013, confirmés mardi.
« Le premier trimestre est très dépendant de la météorologie et n'est pas représentatif ou significatif de la globalité de l'année », a affirmé le PDG Bruno Lafont, après l'annonce d'une perte nette de 117 millions d'euros en ce début d'année contre 60 millions à la même période l'an dernier.
Sur les trois premiers mois, le cimentier a réalisé un chiffre d'affaires en baisse de 6% à 3,1 milliards d'euros, un recul attribué à « des conditions météorologiques particulièrement défavorables » en ce début d'année et à deux jours ouvrés en moins par rapport au premier trimestre 2012.
Les résultats ont également souffert « d'incidents de production non récurrents et aujourd'hui résolus, notamment en Algérie et en Egypte », a expliqué le PDG. Dans ce « contexte défavorable », le résultat brut d'exploitation (Ebitda) a plongé de 26% à 380 millions d'euros, des résultats dont le groupe assure cependant qu'ils sont « en ligne avec son objectif de 650 millions d'euros d'Ebitda supplémentaires sur l'année ».
Selon M. Lafont, Lafarge a effectivement dégagé 100 millions d'euros d'Ebitda supplémentaires au premier trimestre « en dépit de volumes faibles », soit 40 millions grâce à son programme d'innovation et 60 grâce aux réductions de coûts. Le PDG s'est déclaré « confiant » dans la capacité du groupe « à réaliser la majeure partie de (son) plan 2012-2015 visant à accroître l'Ebitda de 1,75 milliard d'euros (...), avec près d'un an d'avance sur notre objectif initial ».
Par conséquent, « les perspectives et les objectifs du groupe en 2013 restent inchangés », a-t-il assuré lors d'une conférence téléphonique. Il compte sur une hausse des prix pratiquée sur la plupart de ses marchés et dont l'impact devrait se refléter sur les ventes « dans les mois à venir ». « Nous continuons à anticiper une croissance de la demande de ciment sur nos marchés comprise entre 1 et 4% en 2013 », portée essentiellement par les zones « hors Europe », a ajouté M. Lafont.
Lafarge s'attend notamment à une reprise en Amérique du nord, où il s'est engagé dans « l'augmentation des capacités » de son usine d’Exshaw à Calgary, au Canada. Aux Etats-Unis, « nous allons commencer la modernisation de notre usine de Ravena », dans l'Etat de New York, a précisé le PDG.
Lors de l'assemblée générale des actionnaires, qui s'est déroulée dans l'après-midi, M. Lafont a été interrogé sur une éventuelle surchauffe dans le secteur immobilier en Chine. « Nous avons connu une année 2012 un peu plus difficile, mais la Chine ne représente que 3% des activités du groupe. Un petit essoufflement de la Chine ne met pas Lafarge à genoux », a répondu le PDG.
Le groupe maintient également son objectif de réduire son endettement net à moins de dix milliards d'euros « le plus rapidement possible en 2013 », notamment grâce à son programme de désinvestissement qui « se poursuit dans de bonnes conditions », a indiqué le PDG.
Lafarge a « sécurisé » un montant d'un milliard de cessions depuis le début 2012, dont 400 millions doivent être perçu d'ici la fin de l'année. « Nous procéderons à d'autres désinvestissements créateurs de valeur », a indiqué le groupe.
A la Bourse de Paris, le titre du cimentier a enregistré l'une des plus fortes hausses de la journée, en gagnant 4,42% à 51,04 euros à la clôture, après avoir frôlé les 6% à la mi-journée, dans un marché stable (+0,37%).